République centrafricaine et Cameroun: Aide à la formation pour 38 jeunes carmes

22/02/2021 Leuven – Il y a 50 ans, en 1971, les quatre premiers carmes de République centrafricaine sont arrivés d’Italie. Ces courageux pionniers se sont retroussé les manches et se sont mis au travail dans l’un des pays les plus pauvres et les plus sous-développés au monde, régulièrement en proie à des troubles et à des conflits armés. L’un d’entre eux, le père Nicolò Ellena, est resté missionnaire jusqu’à l’âge de 90 ans ! Il est décédé en 2019 à l’âge de 96 ans.

Les huit pères italiens qui travaillent encore aujourd’hui dans les cinq stations missionnaires de l’ordre se réjouissent que de plus en plus de jeunes autochtones se joignent à eux. Désormais, les religieux africains sont majoritaires. Les jeunes africains veulent contribuer par leur vie à ce que la paix devienne enfin une réalité dans leur pays. Mais ils ont compris qu’il ne peut y avoir de paix véritable que si Dieu habite dans le cœur des hommes.

Pour leur formation, les carmes de République centrafricaine travaillent en étroite collaboration avec leurs confrères du Cameroun voisin. 38 jeunes hommes sont actuellement en formation : 23 d’entre eux en République centrafricaine et 15 au Cameroun. Ils suivent les différentes étapes de leur formation à différents endroits. Pour cela, chacun d’entre eux vit dans le monastère local des carmes et fait partie de la communauté. Ils poursuivent leurs études de philosophie et de théologie dans les universités de Bangui, capitale de la République centrafricaine, et de Yaoundé, capitale du Cameroun.

Cette année, en raison de la pandémie de coronavirus, l’enseignement à l’université a été interrompu. Le père Federico Trinchero, provincial de l’ordre, rapporte cependant que cela n’a pas entravé la formation des jeunes religieux. Au contraire, la vie de prière a été renforcée, la lecture intensifiée, le travail a été accompli au monastère et la vie communautaire s’est encore développée. Les religieux sont déjà habitués à des situations exceptionnelles : en 2013, au plus fort du dernier conflit armé, jusqu’à 10.000 réfugiés se sont retrouvés au monastère de Bangui! La période de confinement n’a donc pas été un problème pour les carmes. « Seul le silence était un peu inhabituel », dit le père Federico. En effet, le monastère est habituellement un point de contact pour d’innombrables personnes en demande d’aide et un important centre spirituel pour les fidèles – et surtout, il y a sans cesse beaucoup d’enfants et de jeunes qui utilisent son vaste terrain comme aire de jeu.

Mais maintenant, la vie est redevenue presque normale, et Dieu merci, la pandémie a globalement frappé beaucoup moins en Afrique que ce que l’on craignait au départ. Ainsi, l’ordination sacerdotale de frère Armand a pu avoir lieu comme prévu en octobre 2020. En septembre, quatre jeunes sont entrés au noviciat et ont reçu l’habit monastique, et cinq autres ont fait leurs vœux temporaires.

Le 20 décembre, deux jeunes carmes de Bozoum, plus ancienne station missionnaire des Carmes en République centrafricaine, devaient faire leurs vœux perpétuels dans le cadre de la cérémonie d’ouverture de l’année jubilaire. Malheureusement, la grande fête a dû être annulée au dernier moment, car pour ce qui est de la sécurité, la situation s’était fortement détériorée à la veille des élections législatives et présidentielles, et des hommes armés étaient entrés dans la ville la veille de cette cérémonie solennelle. Les invités de la fête, qui avaient déjà commencé à se mettre en route pour Bozoum, ont fait demi-tour. Au lieu de la fête, les deux jeunes, frère Jeannot et frère Martial, ont dû faire leurs vœux perpétuels en petit comité au monastère de Bangui. Même si le fait de ne pas pouvoir célébrer ce grand jour avec leurs familles, leurs amis et leurs confrères de tout le pays a été pour eux un grand sacrifice, ce jour fut un jour de grâce et de joie.

Cependant, la formation des 38 jeunes religieux est un immense défi. À cet égard, le père Federico mise sur la Divine Providence et sur une bonne collaboration de tous les formateurs responsables du développement spirituel, humain et intellectuel des jeunes qui leur sont confiés. Mais matériellement, c’est aussi une tâche herculéenne. Pour que les 38 futurs carmes puissent continuer à suivre leur vocation, nous avons promis de soutenir leur formation, cette année encore, à hauteur de 25.000 euros.

 

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