Plus de 111 millions d’euro pour soutenir l’Église du monde entier

21/06/2019 Leuven – 111,1 millions d’euros pour l’Église souffrante, opprimée et persécutée dans le monde entier. C’est le total des dons collectés en 2018 par l’Aide à l’Église en Détresse (désignée au niveau international par le sigle ACN, Aid to the Church in Need) à travers ses 23 sièges nationaux et son siège international.

Une telle collecte, obtenue grâce aux dons privés de plus de 330.000 bienfaiteurs que l’ACN compte au niveau international, a permis de réaliser 5.019 projets dans 139 pays.

« Nous sommes émus par la générosité de nos bienfaiteurs du monde entier », a déclaré Thomas Heine-Geldern, président exécutif de l’œuvre, lors de la présentation du rapport. « Leur sacrifice et leur foi ont une fois de plus déplacé des montagnes ! »

Comme ces dernières années, une grande partie des dons a été affectée à des projets en Afrique (27%) et au Proche-Orient (25%). Ces dernières années, l’aide attribuée à la région du Proche-Orient a connu une augmentation significative. Depuis le début des « printemps arabes » en 2011, la fondation pontificale y a en effet réalisé des interventions pour un montant total de 99 millions d’euros, dont plus de 18 millions rien qu’en 2018. L’aide d’urgence aux milliers de chrétiens et de réfugiés déplacés, en particulier au Proche-Orient, a représenté plus de 12 % des aides accordées l’année dernière. Mais il est particulièrement important de souligner l’excellent travail de reconstruction des maisons de chrétiens, rendu possible grâce au soutien de l’ACN en Syrie et en Irak. En effet, il y a eu 1.479 habitations de chrétiens reconstruites au Proche-Orient grâce à l’intervention de la fondation.

C’est aussi au Proche-Orient que se trouve le pays qui, en 2018, a le plus bénéficié du soutien de l’ACN. Il s’agit de la Syrie, où des interventions ont été réalisées pour pas moins de 8,6 millions d’euros, soit plus de 2.9 millions d’euros de plus qu’en 2017. Un autre pays proche-oriental se trouve dans la liste des bénéficiaires, l’Irak, où des projets d’un total de 6,5 millions d’euros ont été financés l’année dernière. Viennent ensuite l’Inde (5,2), l’Ukraine (3,2) et la République Démocratique du Congo (2,8).

En ce qui concerne les domaines d’intervention, les projets de construction et de reconstruction se retrouvent toujours à la première place (31,9% de l’aide) avec plus de 23,2 millions d’euros au total, qui ont contribué à la construction de 2.470 maisons, chapelles, églises, couvents, séminaires et centres pastoraux.

Viennent ensuite les offrandes de messe (16,4%). En 2018, 40.569 prêtres ont bénéficié de ce soutien particulier, fondamental dans les régions pauvres où les prêtres ne peuvent compter sur aucune autre forme de subsistance, soit un prêtre sur dix dans le monde. Au total, l’an dernier, 1.421.001 Messes ont été célébrées aux intentions des bienfaiteurs de l’AED, c’est-à-dire une Messe toutes les 22 secondes.

Parmi les types d’aide, ce sont les aides d’urgences qui arrivent en troisième position, au même niveau que les interventions en faveur de la formation des prêtres et des religieux (12,4%). En 2018, la formation de 11.817 séminaristes a été soutenue, ce qui représente un séminariste sur dix dans le monde, et les études complémentaires de 4.370 prêtres ont été financées. Les intentions de messe ont également permis de soutenir 1.383 prêtres qui enseignent dans les grands séminaires.

Une extrême importance est également reconnue à l’éducation à la foi des laïcs, qui arrive en cinquième position et a représenté 11,2% de l’aide. L’an dernier, la formation de 14.169 catéchistes et laïcs engagés a été financée.

La sixième catégorie d’intervention est liée aux moyens de transport pour la pastorale (6,8%), avec 907 véhicules offerts, dont 370 voitures, 189 motos, 342 vélos, 2 camions, 2 autocars et 2 bateaux. Vient ensuite le soutien aux médias chrétiens et à la publication de bibles et d’autres textes religieux (4,6 %). En 2018, la fondation a permis la publication et la diffusion de 1.103.480 livres.

La réalité fondamentale qui ressort de ces chiffres est le soutien à l’Église du monde entier. Un soutien qui s’exerce aussi et surtout en étant proche de l’Église opprimée et persécutée, et capable de réagir concrètement aux attaques qui, de plus en plus dans le monde, visent les communautés chrétiennes. À l’occasion d’attentats tragiques tels que les récents massacres au Sri Lanka ayant eu lieu le jour de Pâques, ou des attaques fréquentes dans des pays comme le Pakistan et le Nigeria, l’Aide à l’Église en Détresse a toujours et rapidement réagi en permettant aux communautés blessées de se relever et de renforcer leur présence, même dans les pays où les chrétiens représentent une petite minorité opprimée. En reconstruisant les églises détruites, en soutenant les familles des victimes, en permettant aux prêtres, religieuses et religieux de poursuivre leur travail. Et en démontrant que la foi a le pouvoir de vaincre la haine.

Par Marta Petrosillo

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