« La fin de la guerre en Syrie est entre les mains de la communauté internationale. »

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Mgr Antoine Chbeir,
évêque maronite de Syrie

23/03/2018 Louvain – La vie quotidienne d’une famille syrienne à Tartus, dans une zone contrôlée par le gouvernement, loin des bombardements de Damas, reste très difficile. Après sept ans de conflit, la situation est critique. C’est ce que raconte, Antoine Chbeir, évêque maronite, à une équipe de la Fondation Pontificale Aide à l’Église en Détresse en visite en Syrie pour divers projets d’aide pastorale et d’urgence.

Quelle est la situation actuelle en Syrie ?

Durant ces 7 années de guerre, nous avons eu des moments de grande ou de moindre intensité dans les combats. La guerre est entre les mains de la communauté internationale. Aujourd’hui, il semble que la décision n’est pas de gagner ou de perdre cette guerre, mais de continuer le conflit. Aujourd’hui, il y a de nouveau des bombardements à Damas, d’autres à Alep et à Idlib. Beaucoup de gens pensent que la guerre ne finira pas. Nous perdons beaucoup de vies en cours de route.

L’économie s’est-elle améliorée au cours de cette dernière année ?

L’économie est encore très mauvaise, elle s’est même aggravée. A Tartus, nous avons un taux de chômage de 30%. Dans d’autres régions du pays, c’est 60%. L’inflation a encore augmenté. L’an dernier, un dollar valait 400 livres syriennes. Aujourd’hui, il vaut près de 520 livres syriennes. Dans notre diocèse, nous aidons directement 30 000 personnes déplacées. Avec de telles conditions économiques, il n’est pas facile d’aider. Les personnes qui ont un emploi gagnent à peine 60 Dollars américains  par mois. C’est pourquoi, en plus des personnes déplacées, de nombreuses autres personnes ont besoin de notre aide.

Comment est la vie d’une famille ordinaire dans votre diocèse aujourd’hui ?

La situation économique fait qu’ils vivent très pauvrement. On estime que 70% des Syriens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Chaque jour, nous recevons à l’évêché de nombreuses demandes d’aide. Certaines personnes ont besoin d’aide pour le chauffage, d’autres nous demandent des ordinateurs pour étudier ou travailler. D’autres nous demandent d’acheter des outils pour pouvoir travailler et gagner leur vie. Les gens attendent que quelqu’un les aide pour vivre.

Selon vous, pour les personnes que vous soutenez, quelle est l’aide qu’ils apprécient le plus ?

Le soutien aux bourses d’études pour les enfants et les jeunes. Et aussi l’aide médicale, pour les médicaments, pour les traitements ou même pour les opérations. Ce fut par exemple le cas d’un homme qui est resté couché dans un lit pendant deux ans parce qu’il n’avait pas les moyens de se faire opérer. Nous l’avons aidé à passer les examens médicaux, à obtenir les papiers et enfin l’argent pour l’opération. Nous essayons de faire tout notre possible pour aider et surtout d’empêcher les gens de choisir la solution de partir pour toujours, beaucoup risquant leur vie en mer.

Que vous disent les familles que vous aidez ?

Chaque famille a ses propres besoins et problèmes. Tous sont très reconnaissants de l’aide sans laquelle il leur serait encore plus difficile de vivre. Nous avons des équipes de travail, dirigées par des prêtres et des laïcs qui visitent les familles chaque mois pour connaître leurs besoins. Le mois dernier, nous avons distribué 2 000 sacs de nourriture. Nous avons payé 800 loyers, 900 bourses d’études et plus de 100 opérations médicales.

Les personnes déplacées veulent-elles rentrer chez elles ?

Bien que certains aient déjà pu rentrer chez eux et voir l’état de leur maison, beaucoup attendent  que les choses s’améliorent. Ils ne se sentent toujours pas en sécurité parce qu’il y a encore des bombardements, surtout à Damas.

Quand la guerre prendra-t-elle fin ?

Personne ne le sait, ce qui est clair, c’est que cette décision est entre les mains de la communauté internationale, de la Russie, des États-Unis, de la Chine et de l’Europe. L’année dernière, il semblait qu’il y aurait une chance, mais en fin de compte, il n’y a pas eu d’accord.

Avez-vous un message pour les bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse ?

Nous prions toujours pour vous. Nous avons eu la fête de saint Joseph et j’ai demandé à tout le monde pendant la célébration de l’Eucharistie de prier pour l’Aide à l’Église en Détresse. Sans votre aide, il serait impossible de continuer. Nous apprécions beaucoup votre soutien, surtout lorsque vous nous rendez visite, nous sentons que nous ne sommes pas seuls.

Par Josué Villalón, Tartus

Ensemble, avec vous, nous aidons ceux qui sont dans le besoin. Grâce à vous, l’Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux fidèles partout où ils sont persécutés, opprimés ou en détresse, à travers des informations, des prières et des actions.

Vous pouvez nous soutenir par :

  • un don pour un projet pastoral au numéro de compte :
    • Belgique : IBAN : BE25 1960 0933 4182 et BIC : CREGBEBB (Aide à l’Église en Détresse a.s.b.l. – sans attestation fiscale). En vertu de la loi Belge, les projets pastoraux ne sont pas admissibles à l’octroi d’une attestation fiscale.
    • Luxembourg : IBAN : LU66 1111 0261 9404 0000 et BIC : CCPLLULL

  • un don pour un projet social au numéro de compte IBAN : BE72 1960 1357 6116 et BIC : CREGBEBB (Aide et Espoir a.s.b.l. – avec attestation fiscale à partir de € 40,00). Ceux qui, au cours de l’année, ont fait un don de € 40,00 ou plus pour un projet social, reçoivent automatiquement une attestation fiscale l’année qui suit.

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