Russie: Des ruches pour un centre orthodoxe de réhabilitation pour toxicomanes

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17/09/2018 Louvain – Avant d’être ordonné prêtre orthodoxe, le Père Sergij a travaillé des années durant comme commissaire auprès de la brigade criminelle. Il y a croisé tous les jours le Mal, qui réduit l’être humain en esclavage et lui fait commettre des atrocités. Son expérience lui a appris que chaque mal commence à petite échelle : « Avant que quelqu’un commette des délits et viole la loi, il commence à violer les lois morales » explique-t-il. À l’apogée de sa carrière professionnelle, il a ressenti sa vocation sacerdotale. Il ajoute : « Le service dans la police et la vocation sacerdotale semblent être deux choses différentes. En réalité, chacune d’entre elles représente une manière de s’opposer au Mal. J’étais décidé à aider les gens, et il me semblait plus efficace de les aider sur le plan spirituel pour vaincre le péché, et de les soutenir avec l’aide de Dieu à travers les sacrements, les Saintes Écritures et la prière, au lieu de recourir à la simple lutte contre la criminalité. En fin de compte, nous ne devons pas oublier que la vocation ne découle pas de la volonté de l’être humain, mais que c’est Dieu qui appelle un homme à s’engager dans le service sacerdotal. »

La consommation de drogues constitue souvent le début d’une implication de plus en plus profonde dans le Mal et la criminalité. Le problème de la toxicomanie était déjà familier au Père Sergij durant son service dans la police. Lorsqu’il a été ordonné prêtre en 1992, il n’a cessé d’accueillir des toxicomanes qui souhaitaient se confesser. Il s’est senti appelé à s’engager totalement en faveur d’eux. En 1996, il a donc fondé un centre de réhabilitation pour toxicomanes à Sapjornoe, à une centaine de kilomètres de Saint-Pétersbourg, non loin de la frontière finno-carélienne. Ce centre se consacre à l’être humain entier, y compris à sa dimension spirituelle. En effet, il était clair pour ce prêtre orthodoxe qu’il s’agissait moins d’un problème médical ou sociologique que d’une maladie de l’âme, exigeant une réponse spirituelle et pastorale.

Ce centre accueille des jeunes hommes entre 18 et 35 ans, qui ont déjà suivi une cure de désintoxication en clinique. Il est organisé comme une famille. Le Père Sergij et son épouse Ljudmila accueillent chaque jeune homme comme le fils prodigue de l’Évangile. « Nous ne faisons aucune différence entre nos propres enfants et les jeunes gens qui viennent ici. Le principal, c’est de voir l’enfant en eux, comme nous voyons nos propres enfants », dit Ljudmila. Entre eux, les jeunes gens se comportent comme des frères. Les plus âgés aident les plus jeunes à s’intégrer à cette nouvelle vie. Évidemment, il y a encore de nombreux auxiliaires qui appartiennent également à la grande famille. Dans un tel environnement, des changements se produisent rapidement dans l’âme des jeunes hommes.

Michail, 22 ans, est l’un de ceux qui sont déjà parvenus à s’en sortir. À ses propres dires, il était une véritable « momie ambulante » lorsqu’il a décidé de changer sa vie. Il était tout à fait conscient qu’il ne vivrait plus très longtemps en continuant à consommer des drogues. Il avait perdu tout contact avec sa famille, ne mangeait ni ne dormait presque plus et ne vivait plus que pour sa dépendance. Il est aussi entré en conflit avec la loi. Sa vie semblait toucher à sa fin. C’est là qu’il a cherché conseil dans le monastère Alexandre Newski à Saint-Pétersbourg. Là, on l’a orienté vers le Père Sergij. Avant même d’avoir intégré pleinement le centre, Michail a commencé à se rendre régulièrement à l’église. Il voulait tout savoir sur la foi, dont il n’avait aucune notion jusqu’à présent. En arrivant à Sapjornoe, la beauté de cet endroit et l’amour avec lequel il y a été accueilli l’ont tout de suite enchanté. Il s’est également habitué très vite au mode de vie qui y règne. Michail affirme : « J’ai énormément apprécié de me lever le matin au son des cloches, de me rendre rapidement à la chapelle pour faire mes prières, de prendre ensuite mon petit-déjeuner et d’enchaîner la journée en travaillant pour l’honneur de Dieu. À Sapjornoe, j’ai recommencé à lire des livres, ce que je n’avais plus fait depuis cinq ou six ans. J’aimais la beauté des cérémonies religieuses à l’église. Et les repas savoureux, préparés avec amour ! Même à la maison, je ne l’avais jamais vécu ainsi. » Il est resté un an dans le centre. « Pendant ce temps, j’ai réfléchi sur toute ma vie passée et j’ai regardé vers l’avenir avec une profonde foi en Dieu. L’année passée à Sapjornoe m’a donné l’essor nécessaire pour entamer une nouvelle vie. Je ne sais pas si je serais encore en vie si je n’étais pas venu à Sapjornoe. Gloire à Dieu pour tout cela ! »

Dès le début de son séjour, chacun des jeunes hommes a une tâche à remplir : ils travaillent dans l’élevage des bêtes ou au potager, peuvent apprendre un métier comme celui de maçon, charpentier, menuisier ou couvreur, certains travaillent dans l’atelier de bougies et d’hosties. Actuellement, soixante jeunes hommes sont accueillis dans ce centre. Afin qu’ils soient tous occupés, le père Sergij aimerait encore installer une cinquantaine de ruches pour se lancer dans l’apiculture. Nous aimerions soutenir le projet par l’apport de 30 000 euros.

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