Syrie : Les jeunes d’Alep coopèrent à des projets d’aide : la charité au sein de la charité

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Louvain 20/10/2017 – Dans un petit local en face de l’église gréco-orthodoxe Saint Élie, dans la moitié nord d’Alep, se rassemblent plus de 100 jeunes. Ils portent tous un polo de couleur bordeaux sur lequel se trouvent un Christ Pantocrator et le symbole du mouvement de la jeunesse orthodoxe. La plupart de ces jeunes sont des étudiants qui coopèrent comme bénévoles. Cette organisation à but non lucratif soutient environ 2.200 familles chrétiennes à Alep qui manquent de tout à cause de la guerre.

« Nous aidons aussi 1.700 familles musulmanes. Nous fournissons des vêtements, de la nourriture, des médicaments, des logements à ceux qui ont perdu leur maison sous les bombes… », affirme Elias Faraj, un ingénieur civil à la retraite qui coordonne l’aide. Alep est la ville qui a le plus souffert de la guerre en Syrie. Après cinq ans de combats, et même si les bombardements ont finalement cessé en décembre dernier, il n’y a toujours pas de lumière électrique la plupart du temps et l’approvisionnement en eau est encore rare. « Notre avenir est plein de nuages, la crise se poursuivra pendant longtemps, j’en ai peur», reconnaît Faraj.

Aujourd’hui, le groupe des jeunes volontaires reçoit la visite du Père Andrzej Halemba, prêtre et responsable des projets proche-orientaux de la Fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse. Après les présentations et les remerciements des responsables, le Père Halemba s’adresse joyeusement aux jeunes pour les encourager dans leur travail et dans leur vie quotidienne : « Vous êtes l’espoir de la Syrie, vous êtes la lumière au milieu de tant d’obscurité.» Ces garçons et ces filles ont les yeux qui brillent sous l’émotion. À la fin, ils se lèvent et récitent ensemble une prière en arabe.

« L’Aide à l’Église en Détresse nous a aidés en 2015 à répondre à un projet de livraison de médicaments. En outre, elle soutient chaque mois 700 familles à hauteur de 30.000 euros », explique Elias Faraj. « Nous apprécions grandement cette aide, et nous remercions le Père Andrzej pour sa visite, parce qu’elle nous donne de l’espoir et du courage pour continuer ici. Cette crise nous a rendus plus unis et nous a poussé à collaborer entre les différentes Églises, parce que nous sommes le même corps du Christ ».

Les jeunes, responsables et bénévoles du mouvement de la jeunesse orthodoxe ont également souffert des conséquences de la guerre. Malgré cela, ils continuent de travailler pour aider les plus nécessiteux. Elias Faraj en est un exemple. Il est responsable du domaine de l’assistance sociale de l’organisation depuis 2011, année de l’éclatement de la guerre civile en Syrie, avant que le conflit ne s’étende à Alep. Peu de temps après, il a été séquestré pendant trois jours, jusqu’à ce que sa famille paye une rançon et parvienne à le récupérer vivant. Une de ses sœurs a reçu une balle dans la jambe alors qu’elle marchait dans la rue, et il a failli la perdre. « Mais je pardonne. Il y a des gens qui vont penser à cause de ça que je suis stupide, mais je leur pardonne. C’est cela la vraie liberté que Dieu nous donne. »

Pour Joseph Abdo, un étudiant en troisième année de médecine à l’Université d’Alep, la raison de se joindre à cette organisation a été que « ils aident dans différents domaines de la vie. Ça a été quelque chose de bien pour moi, parce que ça m’a appris à donner aux autres ce que je reçois moi-même ». En ce qui concerne l’avenir de son pays, il dit : « J’espère la paix, avant tout. Notre génération est celle qui va devoir reconstruire le pays. Je pense que c’est notre objectif, travailler ensemble pour reconstruire notre communauté ». À ses côtés, la jeune Gadan Naflek est une autre volontaire de ce groupe de jeunes : « J’aide les enfants de 3 et 4 ans dans leurs activités scolaires. Je suis très heureuse d’aider les autres, j’apprends à aimer et à donner ce que j’ai reçu ». Ces jeunes n’oublient pas de remercier pour le soutien qu’ils ont reçu de la Fondation Aide à l’Église en Détresse. « Toute aide, si petite soit-elle, fait beaucoup de bien et est très utile », ajoute George Juri, un jeune de 24 ans récemment diplômé en génie civil.

Ces jeunes ont vécu l’horreur de très près, les bombes et le bruit des combats ont été la bande-son de leur vie depuis plus de 5 ans. Rosa Iwas, également étudiante à l’Université, est en deuxième année de littérature anglaise à l’Université d’Alep. Elle déclare : « Quand je vais à l’église, je prie Dieu pour la paix et pour les besoins des personnes que j’ai autour de moi. Sans la foi, il est très difficile de continuer ici ».

La Fondation Aide à l’Église en Détresse collabore depuis 2015 avec le mouvement de la jeunesse orthodoxe. Elle s’est récemment engagée à soutenir trois projets d’aide pour un montant de 90.000 € dans le but de couvrir les besoins médicaux de 2.200 familles chrétiennes, de même qu’à aider à l’achat de gaz, d’électricité et de pain pour subvenir aux besoins de 700 familles dans le besoin à Alep jusqu’en décembre 2017.

Par Josué Villalón

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