Syrie – « Les gens ont peur que l’État islamique revienne »

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Malgré le refoulement de l’État islamique d’Al-Qaryataïne, les chrétiens n’y retourneront pas de sitôt

Père Jihad Youssef

Père Jihad Youssef

Königstein, le 8 avril 2016. Après le refoulement de la milice terroriste djihadiste de l’État islamique hors de la ville syrienne d’Al-Qaryataïne, un membre de la communauté catholique locale a exprimé son scepticisme concernant un retour rapide des chrétiens originaires de cette ville. Dans un entretien accordé mercredi à l’œuvre internationale catholique « l’Aide à l’Église en Détresse » (AED), le Père Jihad Youssef, de la communauté monastique syriaque catholique de Mar Musa, a affirmé : « Les habitants qui se sont enfuis, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, ont peur. Ils craignent que Daech revienne ». « Un retour rapide de la population dépend également de la durée pendant laquelle le territoire de la ville restera zone militaire. Par ailleurs, l’infrastructure d’alimentation en eau et en électricité est largement détruite. Et beaucoup d’habitants ne vivent même plus en Syrie, mais se sont réfugiés à l’étranger. »“

Au début de la semaine, l’armée syrienne était parvenue à reconquérir la ville, occupée depuis début août de l’an dernier par la milice terroriste. De nombreux habitants s’en étaient enfuis. Temporairement, en sus du Père Jacques Mourad, un religieux enlevé en mai 2015 et libéré avec son compagnon au mois d’octobre, de nombreux autres chrétiens d’Al-Qaryataïne ý avaient été pris en otage par Daech. Directement après la conquête d’Al-Qaryataïne par les djihadistes, le monastère Mar Elian (monastère de Saint-Julien-l’Ancien) de la communauté monastique catholique de Deir Mar Musa a été partiellement détruit. Des photos publiées par Daech montrent leurs bulldozers en train d’aplanir le terrain du monastère, dont certaines parties remontent au Ve siècle après Jésus-Christ.

Les murs de l’église

Les murs de l’église

« La partie archéologique est anéantie. Mais heureusement, tous les bâtiments n’ont pas été détruits », relate le Père Jihad Youssef face à l’Aide à l’Église en Détresse. « Les murs de l’église sont encore debout, tandis que le toit n’existe plus. Malheureusement, l’autel a été abattu. De plus, ils ont réduit en morceaux le sarcophage de Saint Élie. » Mais selon le religieux, c’est un signe de Dieu et une grande consolation pour la communauté que les ossements n’aient pas été anéantis ou volés, mais soient dispersés sur place. « Les chrétiens vénèrent beaucoup Saint Élie. Jadis, les musulmans aussi se rendaient en pèlerinage sur son tombeau. Nous avons l’intention de rassembler les saintes reliques et de leur rendre une place digne. » Le Père Youssef est optimiste au sujet de la restauration des débris du sarcophage de marbre du saint. « Jusqu’à une éventuelle remise en état du monastère, les ossements peuvent être amenés à un autre endroit », assure le religieux.

La « réconciliation des cœurs » est plus importante

La « réconciliation des cœurs »
est plus importante

Pour lui, c’est le renouvellement spirituel qui est essentiel. « Bien entendu, nous tenons à ce monastère. Nous y avons investi beaucoup de travail pour en faire un lieu de prière et de dialogue. L’Aide à l’Église en Détresse nous a soutenus de manière décisive dans ce projet. Mais nous ne sommes pas attachés aux pierres. Notre Jérusalem est au Ciel. Et auprès de Dieu, on ne perd rien. Tout ce qui est matériel peut être reconstitué. Ce qui est beaucoup plus décisif que la restauration de pierres et la remise en état du monastère, c’est de réconcilier les cœurs », ajoute le Père Youssef, dont la communauté se consacre particulièrement au dialogue entre les chrétiens et les musulmans.

« Il y a quelques années, nous étions très reconnaissants aux bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse et à tous ceux qui ont prié pour nous lors de l’aménagement du monastère. Malheureusement, il est aujourd’hui gravement endommagé », a souligné le Père Youssef. « C’est pourquoi nous demandons aujourd’hui à ceux qui nous accordent leur prière de prier pour la Syrie. Puisse la haine quitter les cœurs. »

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