RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: L’AED CONTINUE D’ALIMENTER LE « MIRACLE DU PAPE FRANÇOIS »

FacebookTwitterGoogle+
Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui

Mgr Dieudonné Nzapalainga,
archevêque de Bangui

Königstein/Rome, 01.07.2016. « La tension est retombée, mais elle n’est jamais loin », c’est ainsi que le Père Aurelio Gazzera décrit à l’Aide à l’Église en Détresse la situation actuelle de la République centrafricaine, après les récents affrontements qui ont eu lieu tant dans la capitale Bangui que dans le nord du pays. Le Père Gazzera est missionnaire carmélitain depuis plus de vingt ans en Centrafrique ; il habite actuellement à Bozoum et est le directeur de la Caritas de Bouar.

Le 11 juin dernier, quelques membres de la coalition rebelle Seleka ont escorté des autochtones qui transportaient du bétail, probablement volé, vers la frontière avec le Cameroun. Alors qu’ils arrivaient à un barrage routier près de la ville de Ngaoundaye, la police et quelques membres des milices anti-balaka ont ordonné aux hommes de la Seleka de remettre leurs armes. Il s’en est suivi un échange de tirs, et « pour se venger – explique le Père Gazzera – certains rebelles ont attaqué Ngaoundaye dans les heures et les jours qui ont suivi ». « Les habitants se sont immédiatement réfugiés dans la mission locale, dirigée par les frères Capucins, laquelle a également été “visitée” peu de temps après par des membres de la Seleka, qui se sont cependant limités à faire du chapardage et à menacer les religieux et les habitants, sans être trop violents ».

Central African Republic - Project trip November 2015À Bangui, la capitale, le théâtre des affrontements a été encore une fois le désormais célèbre quartier musulman KM 5. « Quelques bandes de fidèles musulmans ont trouvé refuge dans le quartier, probablement protégées par les habitants de l’enclave musulmane dans laquelle personne n’ose entrer, et dans laquelle la police et les casques bleus s’attendent souvent au pire ». Les bandes s’étaient retirées dans le quartier KM 5 suite à l’arrestation de certains de leurs membres, qui avait eu lieu quelques jours plus tôt. Pour forcer les autorités à libérer leurs camarades, elles ont ensuite enlevé six policiers. « Il est vraiment grave que des agents de police se fassent enlever dans la capitale du pays – commente le Père Aurelio. Cela confirme l’extrême faiblesse du gouvernement ». Si au départ les autorités ont refusé de négocier, le fait que les policiers aient été libérés et que le procès des membres des gangs islamiques, prévu pour samedi dernier, n’ait jamais eu lieu, suggère que le gouvernement a cédé aux demandes des ravisseurs.

Ce sont là deux faits divers qui ne sont pas de nature religieuse, mais qui risquent de miner le climat de sérénité et de paix qui régnait en Centrafrique depuis la visite du Souverain Pontife en novembre dernier. Au point que beaucoup, y compris l’archevêque de Bangui, Mgr. Dieudonné Nzapalainga, aient parlé ces derniers mois du « miracle du Pape François ». Maintenant, les tensions pourraient conduire à des affrontements religieux, surtout parce que, comme l’explique le Père Aurelio Gazzera, « de fausses nouvelles sont souvent diffusées sur internet à propos de musulmans tués ou torturés, comme si quelqu’un voulait alimenter les troubles ». Pendant ce temps, la Seleka recommence à s’étendre et contrôle environ 60 pourcents du pays.

En cette période très délicate, il est plus que jamais indispensable de continuer à soutenir le dialogue interreligieux, et c’est pourquoi, dans le cadre de la campagne internationale Be God’s Mercy, l’Aide à l’Église en Détresse soutiendra l’organisation d’une réunion pour le dialogue et la réconciliation dans la capitale centrafricaine Bangui, qui rassemblera environ 650 prêtres, religieux et représentants des différentes communautés. « Il s’agit d’un projet très important – affirme le religieux – spécialement maintenant qu’il existe un risque que les tirs reprennent ».

Ensemble, avec vous, nous aidons ceux qui sont dans le besoin. Grâce à vous, l’Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux fidèles partout où ils sont persécutés, opprimés ou en détresse, à travers des informations, des prières et des actions.

Vous pouvez nous soutenir par :

  • un don pour un projet pastoral au numéro de compte :
    • Belgique : IBAN : BE25 1960 0933 4182 et BIC : CREGBEBB (Aide à l’Église en Détresse a.s.b.l. – sans attestation fiscale). En vertu de la loi Belge, les projets pastoraux ne sont pas admissibles à l’octroi d’une attestation fiscale.
    • Luxembourg : IBAN : LU66 1111 0261 9404 0000 et BIC : CCPLLULL

  • un don pour un projet social au numéro de compte IBAN : BE72 1960 1357 6116 et BIC : CREGBEBB (Aide et Espoir a.s.b.l. – avec attestation fiscale à partir de € 40,00). Ceux qui, au cours de l’année, ont fait un don de € 40,00 ou plus pour un projet social, reçoivent automatiquement une attestation fiscale l’année qui suit.

Merci pour votre soutien !

Commentaires :

Laissez un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pontical Foundation