Propos d’un prêtre à Alep : Il y a de moins en moins d’issues à la situation

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Après l'attentat à la bombe à Aleppo

Après l’attentat à la bombe à Aleppo

Königstein / Alep, le 19 juillet 2016. Un proverbe syrien dit : « Qui gouverne Alep, gouverne la Syrie ». Effectivement, la deuxième plus grande ville de Syrie, qui comptait environ 3,5 millions d’habitants avant le déclenchement de la guerre durant maintenant plus de cinq ans, est d’une grande importance stratégique. Celui qui contrôle cette ville au nord de la Syrie, « contrôle le centre du pays jusqu’à ses frontières, d’est en ouest », confirme le Père franciscain Ibrahim Alsabagh, prêtre latin à Alep. Le monastère des franciscains dans le quartier d’Er-Ram ainsi que les institutions gérées par les frères franciscains ont été bombardés à plusieurs reprises depuis le début de la guerre. Tout dernièrement, des tirs de mortiers ont touché l’école des franciscains, servant de maison de retraite, et coûté la vie à l’une des habitantes, tandis que deux autres ont été grièvement blessés.

Cela fait des jours maintenant qu’Alep est à nouveau prise dans les violents combats entre les groupes rebelles et l’armée syrienne. Le monastère franciscain et les quartiers occidentaux d’Alep, à population majoritairement chrétienne, ont à nouveau été ciblés par les attaques. Selon le père Alsabagh, l’intensité des combats et l’ampleur de la destruction sont indescriptibles, et depuis le 8 juillet, la situation empire tous les jours. En l’espace de quatre heures, 250 roquettes se sont abattues sur les habitants des quartiers ouest de la ville », dit le Père Alsabagh, en décrivant la situation actuelle comme « au-delà de ce que l’on peut supporter ». En ces jours, Alep vit « les pires moments de son histoire ». Ces derniers jours, le prêtre a reçu beaucoup de prières et d’appels de détresse, les gens prient jour et nuit.

Grâce son offensive lancée il y a une semaine, l’armée syrienne est parvenue à prendre le contrôle du corridor Castello servant de voie d’approvisionnement, dans le nord d’Alep. Les groupes de rebelles qui contrôlent l’est de la ville se préparent à un siège de plusieurs mois. Ainsi, les pires craintes exprimées par les chrétiens d’Alep sont devenues réalité. « Cela signifie que nous n’avons plus de possibilités de vivre. Certains pensent qu’il vaudrait presque mieux mourir », dit le Père Ibrahim Alsabagh. Le Franciscain affirme que « Deux tiers des chrétiens, sinon plus » ont déjà quitté la ville. Avant la guerre, Alep et ses quelque 150 000 fidèles était considérée comme l’une des plus grandes communautés chrétiennes de Syrie.

Au moins 34 personnes sont tuées par les bombardements

Au moins 34 personnes sont tuées
par les bombardements

Les chrétiens vivent dans la partie ouest de la ville, contrôlée par l’armée syrienne, où ils ont « au moins un droit de vie et le droit à notre foi » ajoute le Père Alsabagh. Ce ne serait que difficilement envisageable pour le territoire contrôlé par les rebelles. Même s’il n’est pas exactement possible d’identifier les groupes combattants du côté des rebelles, on peut tout de même témoigner de la terreur qu’ils exercent. « Ceux qui tirent des roquettes sur des maisons d’habitation, des églises, des écoles et les hôpitaux, ne sont pas des ‘rebelles modérés‘ ! » L’ecclésiastique syrien adresse donc un appel sans équivoque à l’Occident : « Fermez les frontières par lesquelles les combattants sont approvisionnés en armes, en nourriture et en hommes. 95 pour cent de l’approvisionnement proviennent de la Turquie, et ces filières bénéficient d’aide. Nous ne parlons pas d’individus, mais de groupes entiers, organisés, avec une logistique. » Bien que le franciscain ne veuille pas renoncer à l’espoir d’une solution diplomatique, il s’agit pour lui d’un « espoir contre tout espoir » et ces derniers jours sont « l’expression de l’impossibilité d’une solution diplomatique ».

Selon le prêtre, une grande incertitude règne parmi les chrétiens restants, liée à la décision quotidienne de rester ou de s’enfuir. Et « la liste des martyrs également est longue », déplore le Père Ibrahim Alsabagh qui, au vu de la situation dramatique, appelle à l’action : « Eu égard à ce fléau, nous ne devons pas rester passifs. Notre réponse très claire doit être de faire preuve de patience, et d’agir de façon positive. C’est pourquoi nous aidons là où nous le pouvons, nous nous rendons au chevet des malades et prions avec les fidèles. » L’aide que fournissent les cinq prêtres franciscains à Alep comporte notamment la pastorale, mais aussi des colis alimentaires, la prise en charge des coûts d’électricité et des soins médicaux ainsi que des loyers et des frais scolaires.

« L’Aide à l’Église en détresse » soutient les chrétiens d’Alep depuis de longues années. Via les partenaires ecclésiastiques sur place, des programmes sont financés pour assurer l’approvisionnement de la population en détresse. Viennent s’y ajouter des soutiens pour les personnes sans-abri. En outre, l’œuvre assiste les chrétiens de Syrie et d’Irak déplacés à l’intérieur de leur pays ou qui ont trouvé refuge dans les pays voisins tels que le Liban.

Ensemble, avec vous, nous aidons ceux qui sont dans le besoin. Grâce à vous, l’Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux fidèles partout où ils sont persécutés, opprimés ou en détresse, à travers des informations, des prières et des actions.

Vous pouvez nous soutenir par :

  • un don pour un projet pastoral au numéro de compte :
    • Belgique : IBAN : BE25 1960 0933 4182 et BIC : CREGBEBB (Aide à l’Église en Détresse a.s.b.l. – sans attestation fiscale). En vertu de la loi Belge, les projets pastoraux ne sont pas admissibles à l’octroi d’une attestation fiscale.
    • Luxembourg : IBAN : LU66 1111 0261 9404 0000 et BIC : CCPLLULL

  • un don pour un projet social au numéro de compte IBAN : BE72 1960 1357 6116 et BIC : CREGBEBB (Aide et Espoir a.s.b.l. – avec attestation fiscale à partir de € 40,00). Ceux qui, au cours de l’année, ont fait un don de € 40,00 ou plus pour un projet social, reçoivent automatiquement une attestation fiscale l’année qui suit.

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