République tchèque – Aide à la subsistance pour les Carmélites de Prague

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10 novembre 2017 Louvain – Les pèlerins qui sont arrivés tôt dans la chapelle des apparitions de Fatima le 13 septembre dernier ont assisté à une scène surprenante : une religieuse a apporté dans ses bras une statue de l’enfant Jésus de Prague devant la statue miraculeuse de Notre-Dame. L’enfant Jésus, représenté comme un roi, était habillé d’un vêtement blanc de fête et devait connaître un grand triomphe plus tard dans la journée. Car à la fin de la messe solennelle sur la place du sanctuaire de Fatima, le Cardinal Dominik Duka, archevêque de Prague, a remis cette statue, en présence de plusieurs milliers de pèlerins du monde entier, à Mgr. António Augusto dos Santos Marto, évêque de Leiria-Fatima.

En République tchèque, l’Église a entrepris pour la deuxième fois un pèlerinage national à Fatima à l’occasion du centenaire des apparitions de Fatima. 1.300 pèlerins, dont toute la Conférence épiscopale tchèque, de nombreux religieux, prêtres et fidèles, s’étaient mis en chemin vers le sanctuaire marial portugais, lequel est étroitement lié à l’histoire de l’ancien bloc de l’est.  L’archevêque de Prague a rappelé que les pèlerins de la République tchèque avaient déjà fait un pèlerinage à Fatima en 1989, en action de grâce pour la liberté retrouvée. Cette fois-ci, ils ont remercié « pour une nouvelle génération qui n’a pas eu à subir la prison du nazisme, la prison du communisme ni la persécution religieuse ».

En « signe de gratitude », il a remis à l’évêque local la statue de l’enfant Jésus de Prague, consacrée dans le sanctuaire de Prague, comme un cadeau spécial offert par les fidèles tchèques au sanctuaire de Fatima. « L’enfant Jésus est le patron de ses amis », a déclaré le Cardinal Duka, rappelant en même temps que le Pape Benoît XVI était également venu voir le célèbre enfant Jésus de Prague lors de son voyage à Prague en 2009.

En fait, le sort du « Jezulatko », comme on appelle l’enfant Jésus de Prague en tchèque, a été profondément lié aux messages de Fatima au siècle dernier. En effet, la Sainte Vierge avait annoncé dès 1917 – il y a exactement 100 ans – aux trois petits bergers, à Fatima, la révolution d’octobre en Russie et la deuxième guerre mondiale. Cela avait été suivi d’une persécution sans précédent de la foi. Après la seconde guerre mondiale, le pays qui était alors la Tchécoslovaquie était tombé sous le joug du communisme, devenant le théâtre de l’une des pires persécutions de l’Église d’Europe de l’est. Des milliers de prêtres et de religieux ont été condamnés à de longues peines de prison et aux travaux forcés, des monastères et des églises ont été profanés, et la pratique de la foi a été sévèrement limitée. L’enfant Jésus de Prague est resté pendant de nombreuses années tout seul et abandonné sur son autel dans une église presque dévastée.

« C’est au cœur immaculé triomphant de Marie que nous devons de pouvoir vivre librement », a reconnu le Cardinal Duka devant des milliers de pèlerins à Fatima. Les pèlerins tchèques ont été autorisés à remporter avec eux une statue de la Mère de Dieu de Fatima. Elle voyage maintenant à travers les églises, les cathédrales et les sanctuaires de leur patrie. Dès le 15 septembre – après le retour des pèlerins de Fatima – la statue de la Mère de Dieu a été accueillie dans la cathédrale Saint Guy par une messe solennelle, et transportée à travers Prague par une grande procession, en passant aussi par le monastère des Carmélites déchaussées. Les sœurs, qui vivent strictement cloîtrées, ne quittent certes pas leur monastère, mais leurs prières s’étendent au monde entier. Le fait que de jeunes sœurs y vivent aujourd’hui à nouveau est l’un des plus beaux fruits du « triomphe du Cœur Immaculé ».

En effet, les Carmélites avaient été violemment expulsées de leur monastère par les communistes en 1950, et condamnées aux travaux forcés à l’usine. En 1989, seules cinq sœurs alors très âgées, et qui sont aujourd’hui décédées, ont vécu le changement de régime. Mais par la grâce de Dieu et certainement aussi à cause de leur courageux témoignage de vie et de foi, des jeunes femmes les ont rejointes. Les six sœurs qui vivent maintenant au monastère Saint-Joseph se consacrent entièrement à la prière et apportent aussi devant Dieu les demandes des personnes qui ne savent même pas comment prier.

Les sœurs fabriquent des objets d’art religieux qu’elles vendent dans un petit magasin. À part cela, elles n’ont aucune autre source propre de revenus. C’est pourquoi « l’Aide à l’Église en Détresse » leur a également offert cette année une aide à la subsistance d’un montant de 4.200 euros.

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