Aide à la rénovation et à l’agrandissement de l’église paroissiale de Bozoum

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Un rebelle à Bozoum

Un rebelle à Bozoum

La paroisse Saint Michel de Bozoum est l’une des plus anciennes paroisses du pays, et elle s’est surtout fait mondialement connaître pendant la guerre sanglante de 2013/2014, quand le Père Aurelio a réussi à empêcher un massacre dans sa ville, par d’infatigables négociations de paix menées avec tous les groupes armés et entre les différents groupes ethniques. De nombreux médias du monde entier ont écrit à propos de l’engagement courageux de ce prêtre qui a sauvé des centaines de vies, mais qui a failli le payer de sa propre vie à plusieurs reprises. Sa devise est : « Même s’ils me tuent, je ne meurs pas ».

Faites du bien à ceux qui vous haïssent

Lors de son intervention, il a été frappé par les rebelles, sa voiture a été mitraillée, et une foule de musulmans en colère l’a presque lynché. Quand des pierres sont tombées sur sa voiture et que des gens en colère ont pointé des armes sur lui, le Père Aurelio a prié le Rosaire. Le prêtre a pris l’Évangile au pied de la lettre : « Faites du bien à ceux qui vous haïssent ! » Immédiatement après cet incident, il s’est mis en route avec quelques bénévoles de la paroisse pour fournir à ses propres frais de l’eau potable, du riz et des médicaments aux musulmans qui s’étaient tous retranchés dans un espace confiné pour se protéger des actes de vengeance. Mais il voulait surtout les consoler, dit le missionnaire. Et il ajoute : « Il s’agissait des mêmes personnes qui m’avaient menacé et avaient brisé les vitres de ma voiture avec des pierres. Ils n’étaient plus que des enfants, des femmes et des hommes apeurés et dans le besoin. »

Une charité active envers les autres

Entretien avec la communauté

Entretien avec la communauté

Il a même réussi à pousser les fidèles de sa paroisse à pratiquer une charité active envers les musulmans. Le prêtre a d’abord tenté prudemment de demander aux gens d’apporter de l’argent et de la nourriture à l’église pour aider les musulmans. « Je n’ai pas trop fait pression, parce que je sais que les plaies sont encore ouvertes. Beaucoup ont perdu un membre de leur famille, d’autres ont des parents qui ont été torturés, certains ont été dévalisés et ils ont tous dû passer des semaines loin de chez eux, et tout cela à cause des rebelles de la Séléka, à prédominance musulmane, et des musulmans ». Mais à la fin, le Père Aurelio a été submergé par leur générosité : « Habituellement, lors de la collecte qui a lieu une fois par mois pour les pauvres, les fidèles apportent de la nourriture pour les orphelins et un peu d’argent (entre 15 et 20 euros). Ce dimanche-là, les chrétiens m’ont touché : ils ont apporté énormément de nourriture et ont recueilli plus de 70 euros ! » C’est beaucoup d’argent dans un pays misérable. Et il ajoute avec émotion : « Les fidèles ont été capables de faire plus pour leurs anciens ennemis que ce qu’ils font habituellement pour leurs frères et sœurs pauvres de la paroisse ».

Le Père Aurelio sait que le plus important est de briser la terrible spirale de haine et de vengeance, et après la guerre, de reconstruire non seulement les maisons détruites, mais aussi et surtout les cœurs et les consciences des gens. C’est l’occasion, spécialement en cette année de la miséricorde. Le Pape François avait entamé l’Année Sainte par anticipation, le 29 novembre 2015, en ouvrant la Porte Sainte de la cathédrale de Bangui au cours de son voyage en République Centrafricaine, afin de faire tout spécialement ressentir cette charité dans ce pays déchiré par la haine et la violence. Dans son discours, il a proclamé Bangui « capitale spirituelle du monde ».

Soutient dans l’agrandissement de l’église

Offrande dans l'église de Bozoum

Offrande dans l’église
de Bozoum

Le Père Aurelio veut annoncer à tous ce message de la Miséricorde de Dieu. C’est un prêtre dans l’âme. Il déclare : « Si je donne à manger à quelqu’un qui a faim, c’est déjà quelque chose. Mais si je peux lui donner la vraie nourriture, à savoir le Christ, alors je lui donne tout. » Sa paroisse est florissante, plus de 100 personnes s’y font baptiser chaque année. Des vocations religieuses sont issues de cette paroisse, et l’église est pleine à chaque messe. Mais alors que tout cela est l’occasion de se réjouir, cela pose en même temps un problème, car l’église est maintenant trop petite ! En outre, cette église qui avait été achevée dans les années 1960 sous sa forme actuelle est maintenant endommagée et fissurée jusque dans ses fondations. Ces dommages doivent être réparés. Le Père Aurelio voudrait en même temps agrandir l’église afin que davantage de fidèles puissent y trouver place. « l’Aide à l’Église en Détresse » l’aide à hauteur de 40.000 euros à agrandir et rénover la maison de Dieu, afin que l’église paroissiale de Bozoum puisse devenir un lieu de miséricorde pour encore plus de fidèles.

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