Philippines: L’Aide à l’Église en Détresse a déjà aidé à reconstruire dix églises

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Quelle est votre impression générale du pays ?

acn-20161107-47752Les Philippines sont un pays magnifique, très jeune et dynamique. Selon les estimations officielles, plus de 100 millions de personnes y vivent. Plus d’un tiers de la population a moins de 15 ans. Et 10 millions de Philippins vivent à l’étranger.

Les Philippines sont un pays, le seul d’Asie, marqué par le Christianisme catholique. Mais pendant le voyage, il nous a été dit à plusieurs reprises : « Nous sommes baptisés mais pas évangélisés ». La formation est donc urgente et sera par conséquent un axe de travail pour les projets de l’Aide à l’Église en Détresse.

Le voyage d’étude des projets a conduit de Manille à Zamboanga, dans le sud de l’île de Mindanao, ainsi qu’à Tacloban et Palo, sur Leyte, dans l’est des Philippines. En 2013, Leyte a été durement dévasté par le typhon Yolanda. L’Aide à l’Église en Détresse a contribué à la reconstruction.

Le problème de la drogue et la politique dans ce domaine font actuellement l’objet de débats très controversés aux Philippines. L’Église est très inquiète parce que le gouvernement mise principalement sur l’exclusion et la violence.

Quel est le plus grand désir de l’Église aux Philippines ?

acn-20161107-47748Comme évoqué, l’Église veille à la formation des fidèles, tant religieuse que scolaire. Les gens sont très religieux, mais peu formés. Par exemple, en janvier 2016, j’ai été à un mariage à Gerona, sur l’île de Luçon. À ma grande surprise, 10 couples se sont mariés en même temps, emmenant leurs nombreux enfants à la célébration. On m’a dit que beaucoup de couples vivaient en concubinage et avaient des enfants avant le mariage. Ils ne se marient que plus tard, par manque de ressources financières, mais aussi par manque de connaissance de la foi. C’est apparemment pour cette raison que les curés en arrivent souvent à préparer plusieurs couples en même temps au mariage, lequel est ensuite également célébré conjointement, surtout par mesure d’économise.

Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné pendant ce voyage ?

Le travail du mouvement de dialogue interreligieux Silsilah est très impressionnant à Mindanao, cette île où des combats entre le groupe islamique « Front Moro de Libération Nationale » (MNFL) et l’armée ont tué environ 120.000 personnes au cours des quatre dernières décennies. Cette initiative du Père Sebastiano D’Ambra, un prêtre sicilien, et de la philippine Minda Sano, elle-même originaire de Mindanao, est soutenue depuis longtemps par l’Aide à l’Église en Détresse. « Silsilah » est le mot arabe désignant un « lien ». Ce mouvement encourage depuis 40 ans le dialogue entre les religions et les groupes ethniques, ainsi que la formation des éducateurs, la médiation sociale, l’aide aux réfugiés, la construction d’écoles, pour ne citer que ses principaux domaines d’activité.

À Mindanao, environ 60 pourcents de la population est chrétienne, et il y a 40 pourcents de musulmans. Il y a environ 70 pourcents de musulmane sur l’île de Basilan, au sud de Zamboanga. Encore plus au sud-ouest, la population est musulmane à plus de 90 pourcents. C’est là qu’agit le groupe extrémiste « Abu Sayyaf » (sabreurs), en commettant des attentats à la bombe et en enlevant des gens pour extorquer de l’argent. Dans le passé, ce groupe a assassiné à maintes reprises des prêtres, des religieuses et de simples croyants. Mais le mouvement Silsilah ne s’est jamais laissé intimider par la violence. C’est vraiment impressionnant !

Au cours de notre récent séjour, Minda Sano nous a amenés dans les camps de réfugiés qui existent depuis le siège de Zamboanga par le MNFL. À l’époque, en septembre 2013, les combats avec l’armée ont duré pendant trois semaines. Ce fut un revers majeur, mais Silsilah a malgré tout continué. Une telle persévérance est exemplaire. Les membres de Silsilah ne se lassent pas de réunir musulmans et chrétiens pour parler, créer de la confiance, et ils s’occupent des défavorisés des deux côtés.

Pouvez-vous raconter une rencontre intéressante effectuée pendant le voyage ?

Les Philippins sont des gens très chaleureux et hospitaliers. Ils aiment rire, sont joyeux, voire bruyants. L’événement suivant a été intéressant : à Manille, j’ai fait la connaissance d’un groupe de jeunes, huit jeunes étudiants de l’Université de Manille. Ils étaient chrétiens. Les questions qui occupaient leur esprit, leurs centres d’intérêt, étaient pratiquement identiques à ceux d’un groupe de jeunes philippins, également âgés d’une vingtaine d’années, que j’ai rencontrés sur le bac naviguant d’Isabela, sur l’île de Basilan, à Zamboanga. Ces derniers étaient tous musulmans. De toute évidence, les jeunes ont des préoccupations, des désirs et des espoirs très similaires. Les différences religieuses semblent alors moins pertinentes ; c’est du moins ma conclusion.

acn-20161107-47725Quel est le prochain grand projet de l’Aide à l’Église en Détresse aux Philippines ?

Sur l’île de Leyte, environ 10.000 personnes ont été tuées en 2013 par le typhon Yolanda ; beaucoup de bâtiments ont été détruits, dont de nombreuses églises ainsi que le séminaire de l’archidiocèse de Palo, un bâtiment à un seul étage situé à proximité des côtes qui a été totalement dévasté. L’Aide à l’Église en Détresse a déjà aidé l’archidiocèse à reconstruire dix églises. Mgr. John Forrosuelo Du vient de nous demander de l’aider aussi à reconstruire le séminaire. Les travaux ont déjà commencé. Les premiers séminaristes vivent même déjà dans le complexe semi-fini. C’est un bâtiment massif à plusieurs étages, censé résister aux futures catastrophes naturelles, qui est en construction.

Par Maria Lozano

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