Pérou : Améliorer les conditions de la vie

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4 décembre 2017 Louvain – L´évangélisation dans les banlieues est une priorité en Pérou, dit le responsable de l’Aide à l´Eglise en Détresse, Marco Mencaglia.

Interview par Amélie Berthelin – de La Hougue en occasion de la proche visite du Pape François, pour janvier 2018 :

Comment décrire le visage de l’Eglise du Pérou aujourd’hui ?

Marco Mencaglia : Pour décrire les conditions de l´Église au Pérou, on doit considérer la grande diversité géographique du pays fait de régions urbaines, montagneuses et de forêts. Le défi de l´unité constitue probablement la plus grande priorité. L´Église du Pérou est toujours en développement et dans plusieurs diocèses, le clergé local doit encore prendre entièrement la responsabilité du service pastoral. 47% des évêques sont d´origine étrangère et 57% proviennent du clergé d´une congrégation religieuse. En Amérique du Sud, seule la Bolivie vit une situation similaire. Il y a de vraies expériences positives d´évangélisation dans des contextes difficiles. Le renforcement de la pastorale vocationnelle et la croissance d’une foi mature, à partir du trésor d’un sentiment religieux populaire très vif, constituent les défis principaux auxquels l’Église est confrontée actuellement.

Dans quel domaine l’Eglise est-elle la plus investie actuellement ?

L´évangélisation dans les banlieues des grandes villes est une évidente priorité. Des millions de citoyens quittent les montagnes et de nouvelles extensions se forment constamment dans les grandes villes que sont Lima et Arequipa. Ce phénomène existe aussi en dimension réduite dans chaque chef-lieu régional. L´Église est appelée non seulement à s´occuper des situations les plus graves au niveau social, mais aussi à former une communauté entre des familles qui proviennent de divers endroits du pays et qui, souvent à cause des conditions de leur travail, n´ont pas de temps pour se connaitre.

Dans les autres périphéries du pays, dans les villages les plus éloignés à 4.000 m d’altitude ou en pleine Amazonie, le service de l´Église reste fondamental pour atteindre des milliers de petites communautés. Une paroisse doit souvent servir plus de 50 de ces petites communautés et la visite d’un prêtre ou de sœurs est un vrai événement.

Le Pérou a été consacré au sacré cœur de Jésus et au cœur immaculé de Marie en 2016. Pourquoi cette consécration ? Etait-ce une volonté du président ? Etait-ce un moment fort pour le pays ? pour l’Eglise ?

Cette consécration a été une initiative du Président, pendant une rencontre annuelle de politiciens chrétiens qui portait sur des thèmes de spiritualité. Ce « Déjeuner National de Prière » est une tradition importée des États-Unis, où le président du pays est toujours présent dès le temps de Eisenhower. Le Président Kuczynski, qui a travaillé plusieurs années comme économiste aux États-Unis, a choisi de participer à cet événement au Pérou. Il est le premier président du pays à le faire. On devrait considérer donc cette « consécration » dans ce cadre, comme une déclaration individuelle pendant un discours politique et non pendant une célébration, ni avec la présence de représentants de l´Eglise Catholique.

On pourrait ajouter que le parti politique du président n´a pas démontré avoir une vision chrétienne sur des questions comme l´avortement ou le mariage homosexuel.

L’Eglise et les sectes : les chrétiens évangéliques ont-ils une place importante dans le visage religieux du Pérou ? est-ce une « menace » pour l’Eglise ?

Au cours de mes voyages en Amérique Latine, j’ai eu l´impression que le sentiment d´appartenance à l´Église Catholique était toujours fort, souvent fondé sur une dévotion populaire pour les saints et les fêtes traditionnelles. Dans quelques régions plus reculées, il est intéressant de noter la capacité de ces traditions à survivre à travers les siècles, malgré une présence officielle de l´Église très faible. En même temps, les sectes évangéliques ont enregistré des progrès surtout dans les lieux où l’Église n´est plus capable de montrer sa présence. C´est évidemment le cas des banlieues déjà mentionnées, où la croissance vertigineuse de la population ne permet pas à l´Église Catholique de maintenir une présence constante. L’augmentation de la population est en effet un élément que l’on doit toujours considérer en Amérique Latine : si en Europe, maintenir le même nombre de religieux et d’agents pastoraux peut être considéré comme un objectif optimal, en Amérique Latine, cela n’est pas suffisant. La population du Pérou est aujourd’hui d´environ 32 millions d´habitants. Elle a augmenté du 170% ces 50 dernières années. En France, pendant la même période, le taux de croissance a été environ de 30%.

Le défi principal pour l´Église Catholique est donc de reprendre contact avec les communautés, rencontrer les familles et les personnes dans les lieux où sa présence s’est perdue avec le temps.

Le Pérou a bénéficié d’une croissance économique ces dernières années ; voyez-vous la situation des péruviens s’améliorer pour autant ?

La croissance économique n’est pas du tout égale dans les diverses régions du pays : la grande diversité géographique du Pérou explique ces disparités et cause une migration interne constante et soutenue en direction des banlieues des grandes villes. . Surtout les zones rurales sont souvent abandonnées par la population qui cherche de meilleurs opportunités dans les villes principales de chaque région.

Améliorer sa propre condition économique ne signifie pas automatiquement améliorer le développement humain de la population. Ceci se voit surtout dans les banlieues toujours plus énormes de Lima, Arequipa et des autres villes principales du pays. Nombreuses sont les familles où les parents laissent leurs enfants seuls à la maison pour partir travailler loin pendant toute la journée. Cette triste réalité induit la croissance sans contrôle des gangs, du trafic de drogues et de la criminalité. Au Pérou comme dans plusieurs pays en Amérique Latine, la question d´améliorer les conditions de vie des habitants n´est pas seulement économique. Á cet égard l´Église peut donner évidemment une contribution importante au débat.

Au Pérou, la fondation internationale de droit pontifical Aide à l´Eglise en Détresse finance à hauteur de 145.000€, 20 séminaires avec plus de 650 étudiants. Dans l’Altiplano, l’Aide à l´Eglise en Détresse soutient notamment la construction d’un monastère pour les sœurs contemplatives de la Très Sainte Trinité. Suite aux inondations de janvier dernier, la fondation a envoyé une aide d’urgence aux familles.

Ensemble, avec vous, nous aidons ceux qui sont dans le besoin. Grâce à vous, l’Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux fidèles partout où ils sont persécutés, opprimés ou en détresse, à travers des informations, des prières et des actions.

Vous pouvez nous soutenir par :

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    • Luxembourg : IBAN : LU66 1111 0261 9404 0000 et BIC : CCPLLULL

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