Nous mettons beaucoup d’espoir dans la présidence de Muhammadu Buhari

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Aide à l’Église en Détresse Bruxelles/Leuven/Königstein – Le mercredi 27 mai dernier, lors d’une réunion à huis-clos organisée par l’Aide à l’Église en 150603 Doeme4Détresse (AED) regroupant des membres du Parlement européen, Mgr Oliver Dashe Doeme a exprimé sa gratitude quant aux récentes élections s’étant passées dans le calme et sa confiance au président Muhammadu Buhari pour mettre fin aux souffrances de son peuple touché par la violence de Boko Haram dans l’État de Maiduguri au Nord-Est du pays :

Le fruit de la prière

« Les élection étaient étonnamment pacifiques. La participation massive aux bureaux de vote était une indication claire que les gens voulaient du changement. Le président sortant Goodluck Jonathan a fait preuve de sagesse politique dans un moment de transition précaire qui aurait pu déstabiliser le pays, en admettant la défaite avant même que les résultats définitifs ne soient officiellement annoncés. Ce fut le fruit de la prière. »

Les attentes envers le nouveau dirigeant sont élevées et le plus grand souci du nouveau gouvernement est la sécurité. Celle-ci est d’autant plus nécessaire à l’extrême nord-est du pays que la présence du gouvernement central de la capitale Abuja y est rare. De plus, les gouverneurs musulmans locaux sont mécontents depuis les élections du président chrétien Goodluck Jonathan en 2011 puisque ce dernier avait établi des liens et permis la libre circulation du groupe d’insurrection islamiste radicale Boko Haram. Le nouveau gouvernement, incapable de contrôler l’insurrection, s’était alors révélé incompétent. Voilà ce qui a provoqué de nouvelles élections.
Les gouverneurs locaux ont, volontairement ou non, ouvert la boîte de Pandore. « Boko Haram a un seul programme : islamiser le nord-est et finalement tout le Nigeria. Avec la population la plus nombreuse d’Afrique, la déstabilisation du Nigeria risquerait d’enclencher une spirale de la violence motivée par la religion dont les conséquences pour les pays voisins mettraient en cause la stabilité de l’Afrique toute entière. Cet objectif mis en évidence par l’allégeance de Boko Haram à l’État islamique et l’intention d’établir un califat islamique radical au Nigeria, est bien réel », déclare l’évêque.

Boko Haram repoussé

150603 Doem_De Gendt

Mgr. Oliver D. Doeme et Abbé Dirk De Gendt

 

 

Cependant ces dernières semaines, les efforts concertés de l’armée nigériane et d’une force multinationale composée de soldats du Cameroun, du Tchad et du Niger frontaliers ont atteint des résultats substantiels en mettant les terroristes en déroute et en reprenant les villages perdus. Là où auparavant les combattants de Boko Haram attaquaient et disparaissaient dans la brousse en traversant les frontières rendant ainsi l’armée nigériane incapable de les poursuivre, la force multinationale a coupé les voies de fuite transfrontalières permettant une réponse plus efficace. Le récent succès des campagnes bien médiatisées sur le plan local et international a également soulevé des questions auprès de ces mêmes communautés quant à la raison pour laquelle les opérations récentes avaient eu du succès en quelques mois, après sept ans de violences et d’effusions de sang.

Un lourd bilan

L’espoir de libération de Boko Haram n’arrive pas trop tôt pour la population nigériane en détresse. La violence a coûté la vie à plus de 11 000 personnes et un demi-million ont été déplacées. « Les jeunes garçons capturés ont été engagés de force comme combattants de Boko Haram ; les filles ont été forcées de se convertir et d’épouser les terroristes ; ils ont laissé les plus âgées mourir de faim. Cela a affecté tous les villages tombés entre leurs mains. Dans mon seul diocèse plus de 70 000 catholiques ont fui la brutalité. Si l’on rapporte ce chiffre à celui de la population entière, cela signifie que plus de 300 000 personnes sont en fuite dans ces états. Il est aussi important de se rappeler que 99 % de mon diocèse est musulman. Ceux qui ont le plus souffert sont les musulmans qui ne sont pas d’accord avec la version islamique de Boko Haram », explique l’évêque. L’évêque espère que même si la bataille est loin d’être terminée le nouveau président continuera de déloger Boko Haram.« La plupart des terroristes sont encore dans la brousse et il est aussi inquiétant que la forêt de Sambisa, la plaque tournante de Boko Haram,ne soit pas encore reprise.Mais le président Buhari est un militaire.Il est musulman, mais il a indiqué qu’il est le président de tous les Nigérians indépendamment de la tradition religieuse ».

Il n’y a plus rien

Mgr Oliver Doeme Dashe quitte Bruxelles, après avoir informé les responsables politiques, pour retourner vers la population et les paysages ravagés de son diocèse d’aujourd’hui : « Avec les succès militaires les personnes déplacées reviennent, mais elles reviennent en ne retrouvant rien dans leurs maisons. Les villages sont anéantis, les maisons ne sont plus qu’un tas de cendres, tandis que le bétail a été volé et les récoltes détruites. La saison des pluies a bien commencé mais ils n’ont pas été en mesure d’ensemencer. Nos besoins sont immenses. Les structures de l’Église n’ont pas, elles non plus, été épargnées. Plus de 250 bâtiments de l’Église ont été rasés avec parmi eux vingt écoles qui avaient toutes principalement servi à la population musulmane. Nous n’avons rien et avons besoin de tout », conclut l’évêque nigérian.

 

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