Mgr. Bertin : « Nous avons consacré une nouvelle fois la chapelle Saint Antoine, seul lieu de culte catholique en Somalie »

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acn-20161018-47040Le travail de l’Église à Djibouti se concentre sur les écoles et la Caritas : « un missionnaire n’est pas là que pour les catholiques »

« Même si c’est dans le silence, mieux vaut être présent qu’être absent » : c’est ainsi que Mgr. Giorgio Bertin, administrateur apostolique de Mogadiscio et évêque de Djibouti, explique la présence de l’Église catholique dans cette région de la corne de l’Afrique, où il vit et travaille depuis près de 40 ans.  

Le visage de ce prélat italien s’illumine quand on lui pose des questions sur la petite église de Saint Antoine de Padoue, située dans la ville somalienne d’Hargeisa : « Les Capucins l’ont construite dans les années 1950, mais elle est restée fermée pendant de nombreuses années. Avant les rébellions contre les autorités de Mogadiscio, j’y célébrais la messe au moins trois fois par an, à Noël, Pâques… Ensuite, c’est devenu très dangereux ». En 1996, un collaborateur de Caritas a commencé à faire des travaux, il a même construit un mur. Cependant, c’était risqué d’être là, elle restait fermée et un homme la surveillait. « En janvier dernier, j’ai parlé avec les autorités d’Hargeisa en leur expliquant que nous voulions la rouvrir et qu’elle serait aussi un endroit où s’accompliraient des activités humanitaires avec Caritas. Ils ont accepté et j’ai consacré une nouvelle fois l’église », répond-il avec un sourire jusqu’aux oreilles dans une déclaration adressée à l’Aide à l’Église en Détresse à Rome, lors d’un voyage éclair en Italie. « Peu de gens viennent assister à la messe, dix au maximum, mais c’est important ».

La petite église d’Hargeisa est actuellement le seul lieu de culte catholique de toute la Somalie, un pays où « il y a de plus en plus de mosquées, grâce aux aides en provenance d’Arabie Saoudite ». « Il n’y a aucune possibilité d’être présent à Mogadiscio, car ce serait trop dangereux. Il y a quelques catholiques, mais si par exemple ils font la moindre activité avec Caritas, ils risquent leur vie. Nous ne pouvons être là qu’à travers d’autres associations somaliennes ».

Le Saint-Siège a demandé à Mgr. Bertin d’être administrateur apostolique de Mogadiscio lorsque Mgr. Salvatore Colombo a été assassiné il y a 27 ans, après la destruction, par les rebelles, de la majeure partie de la capitale somalienne et de toute présence physique de l’Église catholique. « Ils nous ont pris pour cible, mais pas que nous. Ils ont tout détruit, les ambassades, les institutions publiques… ». La rébellion a été telle qu’il y a un avant et un après dans l’histoire de la Somalie, pays dans lequel il n’a pas encore été possible de former un État, mais où le territoire a été divisé en différentes zones où différents États autonomes se sont autoproclamés, pour la plupart non reconnus.

L’Église est respectée à Djibouti

acn-20161018-47042Mgr. Bertin souligne que dans l’État indépendant de Djibouti où il vit habituellement, la situation est différente de celle en Somalie : « Nous y sommes tranquilles, il n’y a pas de danger, l’Église est respectée ». Dans cette ancienne colonie française vivent actuellement 5.000 catholiques, principalement des étrangers qui sont là pour le travail, des français ou des personnes en provenance d’Éthiopie. « Il y a aussi des fidèles originaires de Djibouti qui sont catholiques par tradition familiale, ou des orphelins qui ont été adoptés par des institutions ecclésiales, mais en moins grand nombre ».

« À Djibouti, le travail le plus important de l’Église concerne les écoles et le travail de Caritas », déclare l’évêque italien en touchant la croix de bois qu’il porte à la poitrine. « Ce sont comme nos deux bras ». « Ici, le travail pastoral est très limité, et même si nous ne faisons pas de conversions, nous apportons la semence de l’Évangile dans le peuple, vu que 99 pourcents des élèves de nos écoles sont musulmans. Ils savent que nous sommes sérieux, que nous les respectons, et ils nous respectent ».

Dans ce pays à majorité musulmane vivent environ 30 religieux. Il y a deux églises catholiques et quatre postes de mission. « Un prêtre ou une religieuse ne sont pas là que pour les catholiques. Ils sont présents dans la société, en contact avec les gens, ils s’ouvrent à eux. Nous ne pouvons pas rester enfermés dans nos structures » ajoute Mgr. Giorgio Bertin, qui a foulé pour la première fois en 1969 le sol de la corne de l’Afrique, où il vit depuis 1978.

Il y a peu de temps, le Pape François a reçu en audience Mgr. Bertin. « Il m’a écouté, nous avons parlé des réalités de là-bas, il nous a remerciés pour notre travail ainsi que pour l’encens que nous lui avions apporté comme cadeau, et il m’a dit que l’encens de Somalie était excellent ! », explique-t-il en riant. « Maintenant, nous attendons une visite ad limina ».

La Fondation catholique internationale Aide à l’Église en Détresse a été d’une grande aide pour maints projets tant en Somalie qu’à Djibouti, par exemple pour la traduction et la publication de différents ouvrages tels que le catéchisme. « Je suis très reconnaissant envers l’Aide à l’Église en Détresse, nous avons de bonnes relations depuis de nombreuses années », affirme l’évêque de Djibouti.

Par Mónica Zorita de la Morena

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