Les chrétiens d’Égypte entre la peur et la confiance en Dieu

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Le pape de l’Eglise copte orthodoxe,
Tawadros II

Königstein/Assiout, le 22 décembre 2016 – Selon les estimations de Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout, le dernier attentat perpétré contre la cathédrale copte du Caire a encore attisé la peur de subir d’autres attentats islamistes en Égypte. Lors de son interview avec l’Aide à l’Église en Détresse, l’évêque d’Assiout a ajouté qu’en même temps, il ressentait chez les chrétiens du pays une « grande confiance en Dieu ». Il a jugé de manière positive l’engagement du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en faveur de l’avenir de son pays.

Aide à l’Église en Détresse : Monseigneur, dans une perspective chrétienne, quelle est votre opinion au sujet de la situation actuelle en Égypte ?

Mgr Kyrillos : Le dernier épisode de terreur brutale exercée contre des fidèles au Caire a profondément endeuillé les chrétiens. Nous sommes bouleversés. Mardi, l’Église copte a recensé la 26e martyre victime du dernier attentat, une fillette de dix ans qui est morte de ses blessures. En même temps, nous percevons beaucoup de confiance en Dieu et de force. Comme dans le cas des attaques précédentes, nous voyons maintenant aussi que lorsque la terreur est utilisée pour empêcher les croyants de se rendre à l’église, les gens y viennent encore plus nombreux que d’habitude.

Quelles ont été les réactions de votre entourage non chrétien ?

On nous témoigne beaucoup de solidarité et de compassion ! Beaucoup de gens nous ont téléphoné ou sont même venus pour nous présenter leurs condoléances. L’État a immédiatement réagi et lancé une enquête. Le président en personne a dit qu’il n’aurait pas pu se rendre aux funérailles des victimes sans pouvoir nommer un auteur. Cela signifie beaucoup si l’on se rappelle que dans d’autres cas, comme par exemple concernant l’attentat commis il y a quelques années à Alexandrie, il n’existe à ce jour aucune trace des auteurs. Dans ces cas-là, les gens pensent que la police et l’État soutiennent les auteurs des attentats. Cette fois, c’est différent. Un président qui se rend en personne aux funérailles et qui serre la main à chacun des proches et à tous les représentants de l’Église, c’est un signal vraiment fort.

L’attentat du Caire a-t-il attisé la peur d’autres attentats durant les fêtes de Noël ?

Oui, la peur est toujours présente. Daech a annoncé encore d’autres attentats, ce n’est donc pas exclu.

A-t-on pris des mesures de sécurité particulières ?

Les forces responsables sont venues nous voir et nous ont demandé de coopérer avec elles. En sus de la protection extérieure qui est de leur ressort, elles veulent entraîner nos gens, les former, leur apprendre comment être attentifs. Nos scouts, par exemple, qui sont chargé de maintenir l’ordre durant les festivités, bénéficient de la part des autorités d’une formation à la sécurité civile. De plus, il est prévu de mettre en œuvre des détecteurs de métaux devant notre cathédrale et notre maison d’hôtes. C’est onéreux, mais important. Nous connaissons certes nos communautés, mais beaucoup d’étrangers viennent spécialement à l’occasion des festivités, par exemple pour nous féliciter.

Les chrétiens se sentent-ils suffisamment protégés ainsi ?

Cela fait des années que des soldats sont postés devant de nombreuses églises. Mais le problème réside dans le fait qu’ils ne sont pas très bien équipés, ni bien entraînés, de sorte que beaucoup d’églises disent alors qu’elles n’en ont pas besoin parce que cela ne sert pas à grand-chose. Il faudrait trouver de meilleures méthodes, par exemple des forces mieux formées et mieux équipées. Mais lors des fêtes majeures, il y a évidemment aussi des mesures exceptionnelles, par exemple des barrages routiers et un dispositif de sécurité nettement accru.

Quels sont vos vœux de Noël pour votre pays et vos fidèles ?

Bien entendu, je souhaite que la paix revienne dans notre pays. Nous voyons bien les efforts de notre président qui veut que l’Égypte ait un avenir. Ces efforts sont sapés par les actes terroristes. Le pays a besoin de calme, également pour le tourisme, qui constitue une source importante de revenus. Sans ce calme, les touristes ne viendront pas en Égypte.

L’Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux chrétiens en Égypte pour la construction d’églises, la formation de prêtres et la pastorale des jeunes gens. Environ dix pour cent de la population égyptienne se composent de chrétiens, dont la majorité appartiennent à l’Église copte orthodoxe. Les quelques 250 000 catholiques du pays sont majoritairement membres de l’Église copte catholique.

Par Andrea Krogmann

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