Égypte: En marge de la société

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L’Église catholique en Égypte gère un établissement pour jeunes filles en difficultés – « L’Aide à l’Église en Détresse » soutient l’Église pour permettre aux jeunes femmes de retrouver le chemin de la vie

Par Oliver Maksan

Rejetées par leurs familles

?????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????C’est un établissement absolument unique en Haute Égypte. Il est situé dans un village un peu à l’écart. Son nom ne sera pas divulgué ici pour assurer sa protection. Même les habitants de cette localité chrétienne ignorent ce qui se passe exactement dans cette maison. En effet, c’est un sujet extrêmement délicat. Depuis quelques années, des jeunes filles chrétiennes qui ont de grands problèmes y trouvent refuge. Ce sont des jeunes femmes qui risquent d’être expulsées par leurs familles et leur société. L’établissement est géré par des religieuses catholiques. « Les jeunes filles et les jeunes femmes qui viennent chez nous ont de grands problèmes », explique la religieuse qui dirige cette maison. Appelons-la Sœur Mariam. « C’est pourquoi les prêtres de leurs villages d’origine les envoient ici. Certaines ont consommé des drogues ou entretenu une liaison avec un homme. Certaines d’entre-elles ont déjà séjourné en prison. Leurs familles les rejettent donc surtout parce qu’elles craignent de perdre leur bonne réputation. Notre mission est de leur rendre une perspective et de rediriger leurs jeunes vies vers la bonne voie. » L’amour chrétien, ajoute Sœur Mariam, est la clé du cœur de ces jeunes filles. « Il est important qu’elles se sentent bien ici, et qu’elles nous fassent confiance. Voilà pourquoi nous agissons d’une part de manière très discrète. D’autre part, nous tentons de leur donner le sentiment d’être chez elles. » Douze jeunes filles de 15 ans et plus vivent actuellement en permanence dans cette maison, treize jeunes filles ne viennent que durant la journée. L’ambiance est détendue et gaie. « Je suis tellement reconnaissante de pouvoir être ici. Les bonnes sœurs sont nos amies », dit une très jeune fille qui n’a rejoint cet établissement que récemment. « Ici, on me prépare à la vie. En outre, les religieuses nous rapprochent de Dieu. »

Parvenir à la réconciliation

La durée de cet accompagnement est variable, et peut aller de quelques mois à quelques années. « Notre approche est axée sur différents niveaux », explique Sœur Mariam. « D’une part, les filles apprennent chez nous un métier, comme celui de coiffeuse ou de couturière. Cela leur permet d’utiliser judicieusement le temps qu’elles passent chez nous. Plus tard, elles en tireront aussi une certaine indépendance. D’autre part, nous tentons d’approfondir leurs relations avec Dieu. ????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????À notre avis, c’est absolument essentiel pour que les jeunes filles reprennent leur vie en main. La religiosité de la plupart d’entre elles n’était qu’assez superficielle avant leur arrivée ici. La prière et le service religieux à des heures fixes font donc partie intégrante du quotidien chez nous. » L’environnement humain des jeunes filles est également intégré. « Souvent, le comportement des jeunes filles dissimule aussi un problème plus profond au sein de la famille. Nous intégrons donc non seulement des psychologues à notre action, mais surtout les parents. Nous leur disons : peut-être que votre fille ne s’est pas sentie suffisamment aimée et que c’est pour cela qu’elle a cherché à avoir une relation avec un homme ou qu’elle s’est adonnée à la consommation de drogues. » Dans beaucoup de cas, ajoute sœur Mariam, la réconciliation avec la famille réussit, particulièrement lorsque les familles perçoivent un changement dans le comportement de leur fille. Mais ce n’est pas toujours le cas. « Une fois, la famille a refusé de réintégrer la jeune fille. Elle a donc dû aller vivre au Caire. »

Du chantage jusqu’au crimes d’honneur

La principale condition d’une réconciliation au sein de la famille est notamment qu’il ne soit pas encore publiquement connu qu’il y a eu des relations sexuelles avant le mariage. Sinon, ni les jeunes filles ni les familles n’ont plus le choix. « Si leur entourage apprend qu’une fille a eu des relations sexuelles hors mariage, elle est déshonorée. Sa famille ne pourra alors plus la soutenir. Il y a d’ailleurs déjà eu de nombreux cas de crimes d’honneur, même dans des familles chrétiennes. Malheureusement, cela n’a rien d’inhabituel dans les milieux ruraux. »
?????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????Les difficultés empirent encore lorsque des limites de religion sont dépassées. « En fait, c’est cela le problème principal. C’est très fréquent », assure Sœur Mariam. « Lorsqu’une jeune fille chrétienne couche avec un musulman ou tombe même enceinte de lui, il s’ensuit de grands conflits à dimension religieuse. » En Égypte, explique la religieuse, on ne se marie pas avec quelqu’un d’une autre religion que la sienne. « Au point de vue social, ce n’est pas accepté. Et si ça l’est, la femme doit se convertir. » Viennent s’y ajouter les cas de chantage. « Chaque année, il y a des cas où un jeune musulman couche avec une jeune fille chrétienne et le filme avec son téléphone portable. Il se sert alors de cet enregistrement pour faire chanter la fille. Soit elle se convertit à l’islam, soit il menace de publier la vidéo. » Un prêtre que nous appellerons ici Kyrillos assure l’encadrement spirituel dans cet établissement. Il connaît toute une série de ces cas. « Rien que dans notre province, nous avons été témoins de 70 cas de ce genre au cours des dix dernières années, dans le but d’obliger une jeune fille chrétienne à se convertir à l’islam. Et nous ne parlons ici que des cas qui nous sont connus. En réalité, les chiffres sont probablement beaucoup plus élevés. »

Le Père Kyrillos a remercié l’œuvre internationale de bienfaisance catholique « l’Aide à l’Église en Détresse » du soutien accordé à son établissement. « Nous sauvons ici la vie de jeunes femmes. Je remercie les donateurs de leur générosité, également au nom de nos jeunes filles. C’est la prière qui est décisive. Merci de prier pour nos jeunes femmes ! »

 

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