CHILI : nombreux incendies criminels contre des églises et des chapelles catholiques et évangéliques

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Mgr. Francisco Javier Stegmeier

Mgr. Francisco Javier
Stegmeier

Ces dernières années, l’Araucania – région du sud du Chili – a été le théâtre de violentes attaques contre la population. Des centaines de personnes ont été victimes du « conflit mapuche » (peuple autochtone originaire du sud du Chili). De violents incendies criminels ont été attribués à des groupes extrémistes prétendant défendre un territoire qui leur appartenait autrefois.

Depuis 2014, la menace s’est propagée aux chapelles et églises de la région. Un total de 15 lieux de culte, soit douze églises catholiques et trois temples évangéliques, ont été incendiés ; onze d’entre eux l’ont été en 2016. Il est ici question des centres de communautés chrétiennes rurales, qui fournissent localement un service énorme.

L’une des dernières attaques a affecté le grand séminaire Saint Fidel, qui fait partie du diocèse de Villarrica. L’endroit avait été pris en mai 2014 par un ensemble de communautés mapuches qui ont été expulsées le 8 mars dernier. Fondé en 1925, c’est dans ce séminaire qu’environ 350 prêtres ont été formés et qu’on espérait accueillir 60 séminaristes, une fois récupérés par l’Église les quatre bâtiments qui lui avaient été pris. Aujourd’hui, deux des trois étages du bâtiment principal sont complètement détruits par l’incendie, y compris sa chapelle.

Selon le Bureau des affaires religieuses (ONAR), 55 % de la population mapuche est de confession catholique et 37 % se déclare évangélique. Il s’agit d’une communauté essentiellement pacifique, et qui a également été victime de ces violentes attaques commises en son nom.

Au total, 15 lieux de culte catholiques et évangéliques ont été incendiés depuis 2014 dans le sud du Chili. Mgr. Francisco Javier Stegmeier, évêque de Villarrica, a accordé un entretien à l’Aide à l’Église en Détresse (ACN Chili) sur la situation à laquelle les chrétiens de cette région sont confrontés : « Ces fidèles, frappés si cruellement dans leur foi, réagissent en cohérence avec cette même foi, en vrais témoins du Christ ».

Comment est le climat parmi les fidèles à la suite de ces attaques ? Comment ont-ils été touchés ?

Les fidèles directement touchés par les incendies criminels perpétrés contre leurs églises éprouvent des sentiments de tristesse, de désarroi et d’impuissance. Ils sont victimes du caractère irrationnel et injuste des actes criminels perpétrés par des individus et des groupes étrangers au mode de vie des habitants de notre région. Les communautés de fidèles qui ont vu brûler en un instant ce qui était le résultat d’années de labeur se composent toutes de populations principalement mapuches et pauvres. Toutefois, ces fidèles frappés si cruellement dans leur foi, réagissent en cohérence avec cette même foi, en vrais témoins du Christ. Jusqu’à présent, je n’ai jamais entendu chez aucun d’entre eux la moindre expression de haine ou de vengeance à l’encontre de leurs agresseurs. Ils veulent la réconciliation, pardonnant et cherchant à les rencontrer dans la fraternité chrétienne.

Quelle est la réponse de l’Église à ces actes de violence ?

Chapelle catholique incendiée à Ercilla, Chili

Chapelle catholique incendiée
à Ercilla, Chili

L’Église doit toujours répondre par la prière confiante dans le Seigneur, en implorant pour les victimes des attentats ainsi que pour ceux qui en sont les auteurs. Nous, chrétiens, devons aimer tout le monde, y compris nos ennemis et ceux qui nous blessent. Selon l’exemple et le mandat donné par Jésus Christ, nous devons accorder notre pardon à tout le monde et pour tout type d’offense, aussi souvent que nécessaire. Nous savons que la réponse complète et définitive à la violence et à la haine est la conversion personnelle et sociale au Christ, Prince de la paix, qui a réconcilié les hommes avec Dieu et entre eux. L’Église, en annonçant Jésus Christ, fait en sorte que les membres de la société recherchent des chemins de paix.

Quelle solution voyez-vous à ce problème ?

Le problème qui affecte notre région est complexe et ancien. Par conséquent, la solution doit être profonde, sérieuse, fondée sur la vérité et la justice et la participation de tous, selon ce qui revient à chacun. Le peuple mapuche a été victime d’une injustice, et il est nécessaire de la réparer. Il faut des politiques gouvernementales réalistes et efficaces qui aillent en ce sens. La société elle-même doit reconnaître les mapuches dans leur identité propre, en rendant sa dignité à leur culture et faisant place au multiculturalisme comme l’expression d’une diversité qui ne sépare pas, mais qui nous unit et nous enrichit mutuellement. La solution doit avoir lieu dans un contexte de participation et de communion. En ce sens, les groupes violents ne contribuent pas à la solution, mais font partie du problème. La violence engendre plus de violence, et on ne peut pas réparer l’injustice par plus d’injustice. La solution exige nécessairement que chacun fasse preuve de bonne volonté, soit sincèrement disposé à pardonner, et recherche la réconciliation dans la vérité, la justice et l’amour.

Ensemble, avec vous, nous aidons ceux qui sont dans le besoin. Grâce à vous, l’Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux fidèles partout où ils sont persécutés, opprimés ou en détresse, à travers des informations, des prières et des actions.

Vous pouvez nous soutenir par :

  • un don pour un projet pastoral au numéro de compte :
    • Belgique : IBAN : BE25 1960 0933 4182 et BIC : CREGBEBB (Aide à l’Église en Détresse a.s.b.l. – sans attestation fiscale). En vertu de la loi Belge, les projets pastoraux ne sont pas admissibles à l’octroi d’une attestation fiscale.
    • Luxembourg : IBAN : LU66 1111 0261 9404 0000 et BIC : CCPLLULL

  • un don pour un projet social au numéro de compte IBAN : BE72 1960 1357 6116 et BIC : CREGBEBB (Aide et Espoir a.s.b.l. – avec attestation fiscale à partir de € 40,00). Ceux qui, au cours de l’année, ont fait un don de € 40,00 ou plus pour un projet social, reçoivent automatiquement une attestation fiscale l’année qui suit.

Merci pour votre soutien !

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