Cameroun : La terreur causée par Boko Haram atteint les villes

FacebookTwitterGoogle+

Après des attentats-suicide ayant causé plus de 30 morts en juillet dans la ville épiscopale de Maroua, les habitants du nord du Cameroun sont effrayés. Des mesures de sécurité draconiennes sont prises pour pouvoir célébrer les messes dominicales. La normalité ne revient que lentement. Mgr. Bruno Ateba, évêque de Maroua-Mokolo, est malgré tout plein d’espoir. Il compte sur la prière – et le dialogue entre chrétiens et musulmans.

Par Antonia von Alten

AED, Königstein (Allemagne) – 9 septembre 2015. Pour des millions de catholiques en Europe, c’est la normalité, mais pour l’évêque du diocèse camerounais de Maroua-Mokolo, Mgr. Bruno Ateba, il s’agit d’une importante intention de prière : célébrer dignement la messe dominicale dans une église – sans avoir peur d’un attentat. Lors d’une visite à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance « Aide à l’Église en Détresse » à Königstein (Allemagne), cet évêque de 50 ans a signalé qu’il célébrait chaque dimanche plusieurs messes en plein air, rassemblant un total d’environ 3.000 fidèles – sous la soleil ou la pluie. À chaque fois, une chaîne humaine est formée autour de la communauté des fidèles ; ceux qui veulent participer à la messe doivent d’abord se soumettre à de stricts contrôles de sécurité. Malgré la terreur, les fidèles de Maroua gardent leur joie. « Nous aimons danser et chanter lors de la messe », dit Mgr. Ateba. Ce bonheur est toujours là. « Car le Seigneur est notre refuge ».

Les filles finissent en bombes humaines

Mgr. Bruno Ateba (à gauche)  et Mgr. Oliver Dashe Doeme du Nigeria (à droite)  en  visite au camp

Mgr. Bruno Ateba (à gauche)
et Mgr. Oliver Dashe Doeme du Nigeria (à droite)
en visite au camp

Les attentats-suicide de juillet ont été terribles. Plus de trente personnes ont été tuées dans l’attentat terroriste de juillet à Maroua, et il y a eu des centaines de blessés. L’horreur a encore été aggravée par le fait que ce sont probablement des jeunes filles qui ont été forcées par Boko Haram à cacher des bombes sous leur burqa et à se faire exploser en public. « Pour nous, c’est comme si c’était vendredi saint », dit Mgr. Ateba. « Mais nous n’abandonnons pas espoir. »

Le Cameroun se situe entre les foyers de tension actuellement les plus grands d’Afrique, le Nigéria et la République centrafricaine. Le Nigéria, où le groupe terroriste Boko Haram sévit de façon particulièrement cruelle, n’est qu’à 60 kilomètres de la capitale provinciale Maroua. Mgr. Ateba nous a raconté que la population de la zone frontalière et de la capitale de la province était traumatisée et avait peur de nouvelles attaques. Il y a quelques jours (le 3 septembre), Boko Haram a encore frappé dans le nord : sur un marché très fréquenté du nord du Cameroun, deux femmes se sont fait exploser, causant un bain de sang.

Une centaine de milliers de réfugiés

150910 kameroen_kampAux dires de Mgr. Ateba, plus de cent mille personnes sont en fuite au Cameroun : 52.600 personnes – principalement issues du Nigéria, pays en crise – se trouvent dans le camp de réfugiés des Nations Unies de Minawao (situé à 40 km de Marauo). Plus de 50.000 camerounais sont en fuite dans leur propre pays, par peur de Boko Haram, beaucoup ont trouvé refuge chez des proches ou dans des salles publiques. L’évêque camerounais fait partir les missionnaires étrangers de la zone frontalière. « La vie est trop dangereuse pour des personnes à la peau blanche », a-t-il expliqué dans sa décision. Le nord du Cameroun vit surtout du tourisme. Mais les touristes ne viennent plus depuis que Boko Haram terrorise la région. « Nous sommes dépassés » : Mgr. Ateba résume ainsi le sentiment des gens qui vivent du tourisme.

Grâce à une forte présence militaire et policière, une certaine normalité se maintient à l’heure actuelle. Mais la paix n’est pas encore gagnée. C’est pourquoi Mgr. Ateba, évêque de Maroua-Mokolos, lance un appel à la communauté internationale : « Aidez-nous à trouver la paix. Nous ne pouvons rien faire sans la paix. La communauté internationale dispose de tous les moyens pour mettre un terme à la terreur causée par Boko Haram. »

Privilégier la prière et le dialogue interreligieux

Emergency help for displaced people Maroua MokoloDans une lettre adressée à tous les fidèles de son diocèse à la mi-août, Mgr. Ateba a appelé à la prière et à faire preuve de vigilance. « Il est important pour notre sécurité que nous coopérions avec les autorités publiques. Quiconque se retrouve face à quelqu’un qu’il ne connaît pas doit être vigilant. Les personnes suspectes doivent rapidement être signalées à la police. » Cela vaut en particulier dans la région frontalière, car à maints endroits, la frontière n’est pas nette. Les maisons des membres de la tribu des Kanuri sont souvent tout près de la frontière : « elles ont une pièce au Nigeria, et une autre au Cameroun ». Pour les terroristes de Boko Haram, il est très facile d’entrer dans le pays.

Comment arrêter le terrorisme de Boko Haram ? Pour Mgr. Ateba, c’est clair : le plus important, c’est de prier. Et la deuxième chose la plus importante, c’est le dialogue entre chrétiens et musulmans. Au Cameroun, où 70 pourcents des 20 millions d’habitants sont chrétiens, l’Église catholique jouit d’une bonne réputation. Selon Mgr. Ateba, de nombreux musulmans vont dans les centres de soins catholiques quand ils sont malades et envoient leurs enfants dans les écoles catholiques. Mgr. Ateba a écrit une prière pour la paix qui est priée avant la bénédiction finale lors de toutes les messes célébrées dans son diocèse.

 En 2014, « l’Aide à l’Église en Détresse » a soutenu le travail pastoral au Cameroun à hauteur de plus de 1.130.000 euros. Mgr. Ateba vous en est très reconnaissant. Cela fait des années que l’Œuvre de bienfaisance soutient le diocèse de Maroua-Mokolo pour la formation des séminaristes et des prêtres. Près du camp de réfugiés de Minawao, une salle a également été construite – grâce aux bienfaiteurs de « l’Aide à l’Église en Détresse » – pour que les réfugiés catholiques du camp puissent se réunir pour prier et assister à la messe. Un autre grand projet auquel « l’Aide à l’Église en Détresse » a accordé de l’argent est une demande que Mgr. Ateba a à cœur : la construction d’une cathédrale à Maroua. Les fondations sont déjà posées. Maintenant, il n’y a plus qu’à monter les murs.

 

Ensemble, avec vous, nous aidons ceux qui sont dans le besoin. Grâce à vous, l’Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux fidèles partout où ils sont persécutés, opprimés ou en détresse, à travers des informations, des prières et des actions.

Vous pouvez nous soutenir par :

  • un don pour un projet pastoral au numéro de compte :
    • Belgique : IBAN : BE25 1960 0933 4182 et BIC : CREGBEBB (Aide à l’Église en Détresse a.s.b.l. – sans attestation fiscale). En vertu de la loi Belge, les projets pastoraux ne sont pas admissibles à l’octroi d’une attestation fiscale.
    • Luxembourg : IBAN : LU66 1111 0261 9404 0000 et BIC : CCPLLULL

  • un don pour un projet social au numéro de compte IBAN : BE72 1960 1357 6116 et BIC : CREGBEBB (Aide et Espoir a.s.b.l. – avec attestation fiscale à partir de € 40,00). Ceux qui, au cours de l’année, ont fait un don de € 40,00 ou plus pour un projet social, reçoivent automatiquement une attestation fiscale l’année qui suit.

Merci pour votre soutien !

Commentaires :

Laissez un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pontical Foundation