Soutenir les réfugiés irakiens

13/08/2010


Mgr Antoine Audo, jésuite, coordonne une vaste opération visant à soulager les chrétiens irakiens qui se réfugient en Syrie. En entrevue, il a remercié Aide à l’Église en Détresse (AED) pour son aide d’urgence qui consiste en des médicaments, de l’aide alimentaire et de l’aide pour l’éducation.

Le titulaire du diocèse d’Alep dans le nord-ouest de la Syrie, Mgr Audo s’est tourné vers l’organisme catholique international de charité dès la première crise des réfugiés en 2003, après la chute du dictateur Saddam Hussein. Le dernier soutien ponctuel d’urgence de l’AED a été envoyé récemment, un montant de 32 000 dollars canadiens. Un soutien bien nécessaire alors que de nombreux rapports démontrent toujours que les Irakiens continuent à faire face à des problèmes énormes lors de leur entrée dans le pays.

Épuisés après un long et parfois sinueux voyage, les réfugiés, qui arrivent dans les villes de Damas (capitale de la Syrie) et Alep, reçoivent une première aide, avant tout pour des chirurgies urgentes et pour de l’aide médicale en général.

Coordonnées par les paroisses catholiques chaldéennes dans les deux villes, les opérations de soutien aux réfugiés comprennent également une distribution mensuelle d’aliments de base, comme le thé, le beurre, le sucre et l’huile de cuisson.

De plus, en réponse aux demandes urgentes d’aide provenant de jeunes familles, Mgr Audo a ouvert des écoles pour les enfants réfugiés d’Alep et de Damas. Les jeunes y reçoivent une éducation assurée par des paroissiens bénévoles.

Chrétiens irakiens.JPGEn entrevue avec l’AED depuis Alep, Mgr Audo a indiqué : « Quand les chrétiens irakiens arrivent en Syrie, ils n’ont que l’Église pour les soutenir. C’est l’Église qui est là pour eux. Nous sommes ceux qui fournissons une aide adéquate », estime-t-il.

Soulignant l’importance du programme d’aide, l’évêque déclare : « Nous demandons à l’AED – aux bienfaiteurs et bienfaitrices – de prier pour nous. Nous les remercions de leur générosité et de leur soutien et nous promettons de continuer à prier pour eux. » Selon l’évêque, le nombre de réfugiés irakiens, depuis qu’il avait atteint son niveau record de 50 000 personnes, a maintenant diminué de moitié.

Habituellement, en l’espace d’un an après leur arrivée en Syrie, la plupart des réfugiés obtiennent un visa pour l’ouest, pour des pays comme les États-Unis, le Canada et l’Australie, entre autres. Selon Mgr Audo, quoique la Syrie soit leur premier choix pour la plupart des émigrants irakiens, les autorités à Damas ne délivrent que rarement des visas de résidence permanente, de travail ou d’habitation.

Même si le nombre d’Irakiens arrivant en Syrie a diminué, l’évêque souligne que cela ne devrait pas être vu comme un signe que la souffrance des chrétiens a diminué. Ceux qui demeurent en Irak – la plupart étant des personnes âgées – sont déterminés à rester et gardent la maison familiale pendant que la jeune génération part à l’étranger.

« Je ne pense pas que la situation des chrétiens en Irak s’améliore. C’est encore difficile, spécialement à Mossoul, ville du nord de l’Irak. À Bagdad, cela varie énormément », indique par ailleurs l’évêque. « La vie peut être tout à fait normale et, soudainement, il peut y avoir des attaques sur des églises et des actes de persécution contre les gens. »

Appel de Benoît XVI

Le deux juillet dernier, le pape Benoît XVI disait au nouvel ambassadeur irakien auprès du Saint-Siège, dont il recevait les lettres de créance, que le pays devait « donner priorité à l’amélioration de la sécurité, particulièrement envers les diverses minorités ». Lors de cette rencontre avec Habeeb Mohammed Hadi Ali al-Sadr, le pape a souligné sa préoccupation que, dans la mesure du possible, les chrétiens aient la possibilité de rester sur leur terre ancestrale : « Les chrétiens irakiens ont besoin de savoir qu’il est sûr pour eux de demeurer ou bien de retourner dans leurs maisons, et ils ont besoin de l’assurance que leurs propriétés vont leur être redonnées et leurs droits confirmés ».

Aide à l’Église en Détresse donne priorité à l’aide au Moyen-Orient depuis que le pape Benoît ait indiqué à l’organisme que les Églises de cette région du monde « sont menacées dans leur existence même. » En ce sens, l’AED soutient les déplacés irakiens, aussi bien que ceux qui ont trouvé refuge dans d’autres pays comme la Syrie, la Turquie ou bien la Jordanie. Le soutien d’urgence matérielle n’est pas la priorité de l’organisme, son action étant dirigée vers le soutien pastoral de l’Église locale. Par contre, les cas d’urgence sont toujours pris en considération, surtout lorsque les autres grandes agences internationales sont elles-mêmes débordées par l’ampleur de la tâche.
 

Par John Pontifex, AED-UK

Adaptation: Mario Bard, AED-Canada

 

 

Share/Save/Bookmark

Mgr Antoine Audo. © AED