17/06/2009
L’évêque José Luis Astigarraga Lizarralde, C.P. (Passionistes), Vicaire apostolique de Yurimaguas, au Pérou, a été reçu la semaine dernière au siège international de l’Aide à l’Église en Détresse, à Königstein im Taunus. Il était accompagné de son assistante, Sœur Maria Luisa, des missionnaires de Jésus.
L’évêque Astigarraga nous racontait à cette occasion à quel point le rôle de l’Église était important dans la région. En tant qu’évêque, il réalise un travail incessant pour promouvoir le dialogue entre un gouvernement qui cherche à faire valoir économiquement les terres du pays et les indigènes, lesquels considèrent la terre comme un bien vital qui ne peut être commercialisé. Pour ces derniers, nous dit-il, « la terre est un sanctu
aire, un temple, une cathédrale par laquelle Dieu manifeste sa présence ». La terre est comme une mère pour eux, une mère dont ils sont les fruits et une mère qui, un jour, les rappellera.
En fait, 85% des fidèles de Yurimaguas sont des indigènes. L’Église partage avec eux leurs combats, leurs luttes, leurs objectifs. Les chefs de tribus sont en général les guides de la foi, les « catéchistes ». En plus d’un soutien spirituel, les enfants indigènes sont amenés à rejoindre l’école, des soins de santé sont prodigués et des notions de gouvernance sont données par les religieux. Sœur Maria Luisa remarque à ce propos que leur donner une estime de soi et une dignité, c’est la meilleure chose que l’on puisse leur apporter pour le futur. Afin qu’ils puissent défendre leurs droits par eux-mêmes. Mais le gouvernement ne leur en laisse pas le temps ; il sait que les indigènes ne sont pas encore armés pour ce combat. Les lois et décrets les spoliant de leurs terres les mettent progressiveme
nt dans une situation inquiétante. Sœur Maria Luisa nous dit : « Nous, en tant que membres de l’Église, nous accompagnons ces villages, convaincus que Dieu donnera raison aux plus petits et aux plus pauvres. Nous sommes persuadés qu’Il est de leur côté. Et nous sommes avec eux. Le reste est entre les mains de Dieu ».
Parce qu’ils ont été méprisés par les gens de la ville, et par le simple fait que des personnes s’intéressent à eux et à leur problèmes, les indigènes ouvrent grand leur cœur. C’est pourquoi la visite des missionnaires est toujours un bonheur dans les villages. Ils donnent tout ce qu’ils ont et s’abreuvent du peu qu’on leur donne. Ce que nous demande aujourd’hui Sœur Maria Luisa, ce n’est pas de l’argent. Ce dont ils ont le plus besoin, nous dit-elle, c’est que nous priions pour eux. Une prière pour que le dialogue entre le gouvernement et les indigènes s’établisse enfin. Et l’évêque de renchérir : « Pour la paix, la prière est fondamentale. Si les Chrétiens ne prient pas, il va devenir très difficile pour nous d’obtenir la réconciliation. Car le processus de dialogue est aujourd’hui suspendu et que sans dialogue on n’obtient jamais de paix. Il faut que l’un et l’autre parvienne à pénétrer le cœur de celui qui est en face ».
Interview menée le 8 juin 2009 par Mario Bard et Javier Legorreta à Königstein.
Texte de ML
Une aide au Pérou?
Le diocèse de Yurimaguas se situe au nord du Pérou et partage une frontière avec l’Équateur. Le diocèse de Puno se situe quant à lui au sud du pays, sur les abords du lac Titicaca. Puno est une région de l’extrême : des sommets qui dépassent les 3.800 mètres, un climat rude avec des températures annuelles moyennes entre 3 et 14 degrés Celsius. La vi
e y est difficile et la pauvreté extrême… Pour les 800.000 habitants du diocèse, il n’y a que 24 prêtres. Ils annoncent l’Évangile aux membres des ethnies indiennes des Quechua et des Aymara.
Les 25 jeunes hommes du séminaire San Ambrosio de Puno ne veulent pas partir pour chercher ailleurs de meilleures conditions de vie. C’est qu’ils se sentent appelés par Dieu. Appelés à être aux côtés des pauvres en tant que prêtres, à leur offrir les sacrements et à leur annoncer la Bonne Nouvelle.
Au cours de l’année dernière, l’Aide à l’Église en Détresse a soutenu 14.739 séminaristes à travers le monde – nos bienfaiteurs permettent ainsi à presque un séminariste sur huit dans le monde de suivre sa vocation. Nous soutenons plus de 5.000 séminaristes en Amérique latine. Le Pape Benoît XVI a récemment proclamé pour l’Église mondiale une « année du prêtre » qui commence le 19 juin. La devise est : « Fidélité du Christ - fidélité du prêtre ». Afin que cette maxime se manifeste aussi à travers la vie des prêtres de Puno, nous soutenons aussi leur formation à hauteur de 7.500 dollars pour cette année.
Si vous voulez participer avec nous à la réalisation de ce projet, vous pouvez faire un versement sur le numéro de compte d’Aide à l’Église en Détresse (pas d’attestation fiscale) : CBC 196-0093341-82 - IBAN: BE25 1960 0933 4182 - BIC: CREGBEBB. Code : 234-02-79
En cas de surplus, votre don ira à un projet similaire permettant de poursuivre le travail pastoral de l'AED
