Nouvelles d'Haïti

04/05/2010

 

100421 bisschoppen Haiti.jpgLe directeur du bureau belge de l’Aide à l’Église en Détresse, Madame Uma Wijnants, est pour le moment à Haïti. Avec le coordinateur de l’AED pour l’Amérique centrale, Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien, et les évêques d’Haïti, elle prépare la reconstruction de l’Église dans le pays, sinistrée depuis le tremblement de terre du 12 janvier dernier. Voici ce qu’elle nous écrit.

Vendredi soir, 23 avril
Aujourd’hui, j’ai rencontré Mgr. Gontrand Decoste (Évêque de Jérémie), lequel a des liens avec la Belgique. Un homme ouvert et amical. Jésuite. Fort impliqué dans son diocèse. Il s’occupe des quelques 40.000 Haïtiens de Port-au-Prince qui sont venus se réfugier à Jérémie. Les besoins sont essentiellement l’eau, la nourriture et le soutien psychologique.
J’ai également rencontré Sœur Eugénie et Sœur Lucie, Filles de Marie-Paridaens. Ces religieuses, travailleuses et dévouées, s’occupent des écoles. Elles font les leçons dans les tentes que l’Unicef a installées. Elles ont demandé de l’aide à l’AED pour la construction de leur noviciat et de leur Maison Généralice. Nous les recevrons toutes les deux dans les bureaux de l’AED de Louvain à la fin mai.

Dimanche, 25 avril
Hier, nous sommes allés à Legouane, l’épicentre du tremblement de terre. Là-bas, 90 pourcents des constructions ont été détruites. Encore aujourd’hui, après 3 mois, les gens vivent dans la rue, de peur d’une récidive. Des projets de constructions sont à l’arrêt, le président Préval craignant un nouveau tremblement de terre (ce avec quoi les scientifiques sont en désaccord). Autre élément à prendre en compte : le manque de carburant et l’explosion des prix des matériaux de construction.

Lundi, 26 avril
J’attends Nirva, une laïque qui doit nous conduire, Marie-Claude et moi, dans les camps de fortune de Port-au-Prince. Il fait très chaud et nous avons eu hier une sévère douche. Je m’attends à vivre des choses difficiles mais comment pourrions-nous aider les personnes adéquatement sans prendre conscience de leur situation en étant au milieu d’eux ? J’essaie d’être courageuse. Nirva est sans doute coincée dans les embouteillages de Port-au-Prince. Elle nous a donné hier un témoignage poignant et ses mots demeurent dans mon esprit : "J'aime mon pays. Dieu aime Haïti. Nous avons envie de vivre. L'Église Catholique doit accompagner les gens pauvres. C'est le rôle de l’AED aussi. L'Église, c’est aussi tous ces gens dans les rues."

Cité Soleil, le 29 avril100504 Cité Soleil.jpg
Cité Soleil est en effet étrange et dangereuse; nous avons visité ce quartier tristement célèbre accompagnés de trois (ex-) membres de gangs qui s’occupent de notre sécurité. "Il y a plus d’armes à feu que jamais", nous lance un des prêtres qui y travaille.

D’un diocèse à l’autre, du 30 avril au 3 mai

Vendredi, nous avons entamé une visite-marathon. Nous avons laissé Port-au-Prince derrière nous (avec un soulagement certain car la misère partout présente nous devenait pénible à supporter) pour rejoindre les évêchés de Cap-Haïtien, Fort-Liberté et enfin Port-de-Paix. Pour éviter les routes, quasiment impraticables, nous avons voyagé dans un petit coucou pouvant accueillir maximum 16 passagers. Ces vols furent une expérience, assurément !

A Cap-Haïtien, nous avons écouté les prêtres longuement et avec beaucoup d’attention. Ils nous ont remis de nouveaux projets. J’ai également discuté avec Mgr Kébreau des aspects pratiques de sa visite en Belgique.

 

100504 bisschoppenconferentie Haïti.jpgLes projets soutenus par l’AED, sont discutés directement avec les évêques d’Haïti.

 

A Fort-Liberté, j’ai visité le "St-Joseph Diocesan Garage", un projet qui a été financé par les bienfaiteurs belges de l’AED. Nous avons été accueillis avec tous les honneurs et remerciements : "Welcome and Thank you for this project !". Mgr. Chibly est un jeune évêque très concerné par ses responsabilités et a une vision de reconstruction de son diocèse à long terme ; il déborde de nouvelles idées et de nouveaux projets.

A Port-de-Paix – le diocèse le plus pauvre – rien n’a vraiment changé depuis ma visite en 2007. Ils survivent à peine. Les jeunes prêtres qui travaillent ici sont de véritables héros; ils doivent faire avec le climat, avec la chaleur extrême, avec toutes les difficultés liées à la pauvreté, avec des routes en très mauvais état,… des routes que nous avons empruntées pour visiter des paroisses perdues « au milieu de nulle part ».

Nous allons raisonnablement bien – nous commençons à sentir la fatigue et sommes parfois, aussi, découragés ; que peux-tu faire pour Haïti ? Et par où commencer ? La chaleur pèse, la nourriture n’est pas toujours propre et nous avons souffert de diarrhées. Il est difficile de dormir, à cause de la chaleur, des moustiques et des cafards qui font leur ronde.
Demain, nous serons de retour à Port-au-Prince ; avant tout pour nous rendre ensuite dans le diocèse de Hinche.

A bientôt,

Uma Wijnants, d’Haïti

 

Haïticampagne 2010 (2).jpgAidez pour la reconstruction de l'Église d'Haïti!

 

 

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Le dynamique Mgr. Chibly, de Fort-Liberté